Par S. Nasser
 
En prêtant votre voix à ceux qui travaillent à affaiblir votre propre pays d'origine, vous ne créez rien de nouveau. Vous rejouer simplement une vieille tragédie historique. L'histoire n'a jamais célébré les intermédiaires. Elle ne mémorise que la trahison et l'instant exact où une personne choisit de se détacher des siens.
 
Pendant la guerre de Libération, les traîtres dissimulaient leur identité sous un sac en toile — le «bouchekara» — pour dénoncer les moudjahidine qui s'étaient dressés contre l'armée coloniale. 
 
Aujourd'hui, ce tissu grossier a cédé la place aux écrans numériques et au confort trompeur des réseaux sociaux et des plateaux télévisés ennemis.
 
Les outils ont évolué, mais l'objectif demeure inchangé : propager la subversion en contrepartie de quelques compensations financières ou d'une fausse sensation de sécurité. Vos espaces de parole éphémères et vos quelques milliers de vues virtuelles ne sauront jamais combler le gouffre vertigineux de votre ruine morale.
 
La vérité vous rattrapera inexorablement, et elle sera impitoyable.
 
En violant l'engagement fondamental qui vous unissait à votre pays et à son histoire, vous vous êtes infligé le châtiment suprême : l'éloignement perpétuel, l'isolement total et le déshonneur. Vous êtes condamnés à vagabonder sur une terre qui ne vous reconnaîtra jamais, vous réaliserez l'amertume de n'être nulle part.
 
Coupés définitivement de la réalité et de la solidarité du terroir algérien, vous n'êtes plus que des spectateurs, condamnés à la solitude dans l'indifférence de votre pays d'accueil et de vos proches. Vous avez confondu le sabotage de la patrie avec de l'opposition politique. Mais détrompez-vous : la mémoire collective, elle, sait faire la différence !
 
Retenez bien cette réalité psychologique : le traître est toujours méprisé par celui qui le manipule. Pour les officines et les puissances qui vous rétribuent, vous n'êtes ni des alliés, ni des héros de la liberté, ni des partenaires. Vous êtes des outils jetables. Des instruments de circonstance. Lorsque votre utilité aura disparu et votre supposée capacité à nuire sera épuisée, ils vous abandonneront avec le mépris réservé aux choses usées.
 
Ce jour-là, dans votre exil, vous réaliserez que vous avez tout perdu pour des gens qui ne connaissent même pas vos prénoms. Vous deviendrez alors les parias de l'exil, de simples renégats errants pris au piège entre une terre d'accueil qui vous ignore et une patrie qui vous renie.
 
Sur le plan juridique, le réveil est tout aussi brutal. Pour la poignée d'individus que vous êtes, la sanction est synonyme de mort civile. La loi prévoit désormais la déchéance de la nationalité pour haute trahison.
 
Cela implique la confiscation de vos biens, le retrait de vos documents de voyage et l'impossibilité de revoir le sol de vos parents et de vos ancêtres, sauf pour comparaître devant un tribunal. Les peines de réclusion criminelle sont sévères pour l'intelligence avérée avec l'ennemi.
 
Le jour viendra où la colère s'éteindra pour laisser place à une nostalgie dévorante et aux regrets. Vous comprendrez enfin que votre nom est lié à la trahison que retiendront vos enfants, que vous êtes coupés pour toujours de votre pays, et que vous mourrez seuls à l'étranger, oubliés par vos maîtres et rejetés par votre pays et vos proches.

S. Nasser