L'enclave espagnole de Ceuta a connu une nouvelle nuit de tensions et d'affrontements. Dans la nuit de ce jeudi  et jusqu'aux premières heures du matin de ce vendredi 31 juillet, le flux de personnes entrant dans la ville ibérique depuis le Maroc s'est poursuivi sans relâche, provoquant de violents affrontements aux frontières. On estime que des dizaines de milliers de personnes sont entrées irrégulièrement par la digue de la plage d'El Tarajal, un point de passage frontalier qui devrait être sous le contrôle des autorités marocaines.

Ces arrivées s'ajoutent à la pression constante qui, au cours des dix derniers jours, avait déjà conduit entre 1 500 et 2 000 personnes à rejoindre le pays à la nage. La Garde civile espagnole annonce avoir  repêché 18 corps en mer ces dernières 24 heures .

Cette nouvelle crise a submergé les capacités de réaction des forces espagnoles de sécurité et a complètement saturé les ressources d'aide humanitaire et d'accueil de la ville. La gravité de la situation ravive les mémoires en se rappelant du même scénario dramatique de mai 2021, lorsque plus de 10 000 personnes ont emprunté ce même itinéraire .

 Face à cette situation chaotique, le gouvernement espagnol a décidé de mobiliser en urgence l'armée pour appuyer les forces de sécurité et a décrété la fermeture de la frontière de Melilla avec le Maroc.

 Le Premier ministre espagnol , Pedro Sánchez , et son ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska , se rendent à Ceuta ce vendredi afin d'évaluer l'ampleur de la catastrophe sur place.

Le nombre de migrants morts en tentant d'entrer à Ceuta s'élève désormais à 19.

La découverte ces dernières heures de quatre corps supplémentaires à proximité de la frontière de Ceuta avec le Maroc porte à 19 le nombre de morts, des personnes ayant tenté de franchir la frontière à la nage au niveau de Ceuta. Ce nombre pourrait toutefois augmenter.

Des sources espagnoles ont confirmé à l'agence epagnole EFE que les 19 personnes décédées ont été retrouvées à proximité de la digue frontalière, par laquelle des milliers de personnes sont entrées en provenance du Maroc.