Par Hanane Ben 

Dans le domaine social et numérique, les drames humains révèlent souvent la brutalité des guerres d'information transfrontalières. 

Lors des feux dévastateurs qui ont récemment ravagé plusieurs wilayas algériennes, provoquant des pertes humaines tragiques et de nombreux blessés, les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d'une instrumentalisation politique violente.

L'action orchestrée des officines hostiles liées au Makhzen, qui ont profité de cette catastrophe naturelle pour moquer le deuil national et ricaner les victimes, illustre une dérive profonde.

Ce récidivisme dans la moquerie face aux drames algériens dépasse le simple conflit politique pour toucher directement au respect fondamental des morts et à la dignité des peuples, transformant une épreuve sociale et humaine douloureuse en terrain d'attaque cybernétique ignoble.

Cependant, ce que ces campagnes de dénigrement passent sous silence ou ne peuvent tourner en dérision, c'est la réactivité et la présence constante de l'État algérien auprès des citoyens touchés par ces tragédies.

Dès l'avènement d'une catastrophe, l'appareil gouvernemental se mobilise immédiatement sur le terrain: ministres dépêchés au chevet des sinistrés, présence officielle lors des funérailles et déploiement d'un soutien moral et financier direct aux familles des victimes.

Le président Abdelmadjid Tebboune incarne cette approche de proximité en supervisant personnellement les opérations de prise en charge et en se rendant directement auprès des blessés.

Cette posture s'était déjà illustrée lors du tragique incendie de l'orphelinat à Alger, où, dès son atterrissage après un voyage en Allemagne, le chef de l'État s'était rendu sans délai à l'hôpital des grands brûlés de Zéralda.

Par ce contact direct avec la souffrance de la population, la présidence algérienne cherche à réaffirmer le rôle protecteur de l'État et à bâtir un lien social fondé sur la compassion et l'action immédiate.

Cette constante dans la gestion des crises s’est illustrée avec une force particulière lorsque de violents incendies ont ravagé près de 16 wilayas au mois de juillet, causant des pertes humaines tragiques et décimant des milliers d'hectares de forêts. 

Face à l'ampleur des dégâts, les autorités algériennes ont déployé le même élan d'intervention rapide et d'accompagnement. Mais au-delà de la réponse institutionnelle, ces tragédies mettent en lumière une solidarité populaire organique. Les Algériens de toutes les régions se sont levés comme un seul homme pour venir en aide aux sinistrés. Collectes massives de dons, dons de sang et acheminement de matériel d'urgence se sont organisés spontanément sur tout le territoire national.

Sur le terrain, la population s'est retrouvée côte à côte avec les éléments de l'Armée nationale populaire, la Protection civile et les forces de sécurité. Chaque catastrophe naturelle devient ainsi le révélateur d'une cohésion sociale profonde, où la société civile et les institutions de l'État fusionnent dans un même effort de résilience collective.

À l'inverse, cette mobilisation populaire et cette présence étatique immédiate semblent cruellement absentes de l'autre côté de la frontière. 

Lors du tragique séisme d'Al Haouz survenu en septembre 2023, ou encore durant les inondations meurtrières de Safi à la fin de l'année 2025, les sujets de Mohammed VI se sont retrouvés livrés à eux-mêmes face à la brutalité des éléments. L'absence d'aide concrète et le manque d'engagement direct des autorités ont contraint les sinistrés à lutter seuls pour leur survie.

Aujourd'hui encore, trois ans après la catastrophe d'Al Haouz, la situation reste dramatique où des milliers de familles s'entassent toujours sous des tentes de fortune, oubliées par le pouvoir et sans la moindre visibilité sur leur avenir.

Ce contraste saisissant montre d'un côté un État algérien protecteur qui fait de la solidarité nationale une priorité absolue, et de l'autre un système marocain où la détresse citoyenne est abandonnée à son sort dès que les caméras s'éteignent. 

Ce désintérêt des autorités marocaines envers leur population est d'autant plus frappant lorsqu'on observe le comportement du monarque lui-même lors de ces épreuves nationales. Tandis que son peuple affrontait la détresse et le deuil, Mohammed VI se trouvait à l'étranger, affichant une absence remarquable de compassion, sans le moindre message d'empathie ni présence physique auprès des victimes.

Cette indifférence récurrente renforce auprès des citoyens le sentiment amer d'être totalement négligés, comme si leur sort et leur survie n'éveillaient aucun intérêt au sommet de l'État. Abandonnés à une misère criante sous le regard passif du monarque et de son entourage, les Marocains se retrouvent ainsi face à un pouvoir distant qui semble étanche aux souffrances de son propre peuple.

Cette fracture dans la prise en charge des drames explique pourquoi une grande partie de la population marocaine précaire regarde avec envie la proximité du président Tebboune avec ses citoyens.

Voir un chef d'État se déplacer immédiatement sur le terrain, assumer son rôle de protecteur et mobiliser les ressources publiques pour soutenir les plus démunis suscite une forme de fascination chez ceux qui se sentent abandonnés par leur propre pouvoir. 

Ce contraste renforce le sentiment d'injustice chez les délaissés du système makhzénien, qui voient dans l'exemple algérien ce que devrait être la solidarité légitime d'un État envers son peuple.