En préparant son aplaventrisme à l'entité sioniste, dans la perspective de faire partie des accords d'Abraham, le régime du Makhzen avait annoncé en mai 2018, la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, en vue de plaire à Donald Trump qui renonça à l'accord nucléaire avec Téhéran, signé en 20215, par son prédécesseur Barack Obama, et ses alliés occidentaux, suscitant la satisfaction du génocidaire sioniste Benjamin Netanyahou.
 
La rupture du régime du Makhzen avec l'Iran, était une opération bien étudiée et construite, conduite au moment précis où Washington durcissait sa ligne envers Téhéran.
Le régime du Makhzen qui prétendait que cette rupture est une réponse aux liens de Téhéran et le Hezbollah, avec le Front Polisario, s'avère un gros mensonge, véhiculé par normaliser avec l'entité sioniste deux années plus tard dans la foulée du fameux tweet de Donald Trump avant qu'il quitte quelques plus tard le bureau ovale de la Maison Blanche après sa défaite électorale devant le démocrate Joe Biden.
 
Des liens du Front Polisario démentis il faut bien le préciser par l'ancien conseiller de Donald Trump pour la Sécurité, John Bolton, connu pourtant être l'un des farouches hostiles à tout accord avec Téhéran sur le dossier nucléaire. Lire: John Bolton interviewé par OctralecturA: je n'ai vu aucun signe de marxisme, de djihadisme ou d'iraniens au Sahara Occidental
 
L'hostilité Marocaine envers Téhéran n'était pas idéologique mais opportuniste. Rabat a lu le rapport de forces, identifié ce que Washington voulait entendre et s'est positionné en conséquence, agitant l'épouvantail Iranien au moment précis où cela rapportait le plus.
 
Aujourd'hui, la signature du mémorandum entre Washington et Téhéran, pour mettre fin à une guerre de 100 jours, s'avère être une grande défaite au génocidaire Netanyahou, mais aussi à ses alliés émiratis et marocains.
 
Rabat a construit six ans de posture régionale sur une ligne de front que Washington vient de déplacer sans le consulter — comme il l'a fait avec le sioniste et génocidaire Netanyahou, comme il le fera avec d'autres.
 
Ce parallèle n'est pas fortuit. Netanyahou et Mohammed VI ont tous deux misé sur leur capacité à lire Trump mieux que quiconque. Tous deux ont transformé cette lecture en narratif géopolitique et doctrine et se retrouvent aujourd'hui face au locataire du bureau ovale de la Maison Blanche qui négocie au-dessus de leurs têtes, non par trahison mais par pragmatisme — celui d'un entrepreneur qui n'a jamais considéré les alliances comme des engagements mais comme des instruments. 
 
Les marges de manœuvre de Rabat sont étroites et le régime du Makhzen le sait. Revenir sur son hostilité envers l'Iran reviendrait à admettre que cette hostilité n'était qu'une posture de circonstance.
 
La maintenir sans le soutien implicite de Washington reviendrait à s'isoler dans une posture coûteuse et sans rendement. Entre ces deux impossibilités, il reste la troisième voie que les régimes qui ont fait de l'esquive une politique pratiquent depuis toujours : le silence calculé, l'attente et la gestion de l'ambiguïté en espérant que l'accord américano-iranien n'aille pas plus loin.
 
Or l'ambiguïté a un coût que le Maroc n'a pas encore mesuré. Un Iran partiellement réhabilité par Washington se reconstruit d'abord dans sa géographie immédiate — avec ses voisins, dans sa région.
 
Pire encore, le régime du Makhzen payera le prix fort au même titre que son tuteur émirati.
 
 
Rabat a joué la carte de l'Iran , parce que cela servait ses intérêts conjoncturels. Or, Washington a changé de priorités sans même regarder dans sa direction. Sur le dossier du Sahara Occidental, la monnaie avec laquelle le Maroc avait tenté d'acheter sa colonisation des territoires sahraouis, ne vaut plus grand-chose. Et c'est cela, peut-être, la leçon la plus dure de l'accord américano-iranien  pour la royauté : les deals ne durent que le temps des intérêts qui les ont produits.