Après le triomphe de la Roja ce dimanche en finale du mondial, ou il était présent , Pedro Sánchez arrive en Algérie ce lundi 20 juillet, dans l'espoir de poursuivre cette euphorie et sceller un nouveau partenariat après quatre années de brouille suite à son alignement sur la position marocaine sur la question du Sahara Occidental .
Cette visite est cruciale pour les relations commerciales de l'Espagne avec l'Algérie, un partenaire clé dans la région et revêt également une importance politique considérable. En visite le 20 juillet à Alger, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez entend consolider le rapprochement avec l'Algérie. Si le gaz sera au cœur des discussions, les dossiers politiques, économiques et régionaux devraient également occuper une place importante.
Ce voyage symbolise la fin de la crise diplomatique née du soutien apporté par le gouvernement espagnol à l'occupation marocaine du Sahara Occidental. Ce processus de réchauffement avait été annoncé parla dernière visite du chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares en Algérie en mars dernier. À cette occasion, Albares avait souligné le « nouvel état » des relations amicales entre nos deux pays.
Signe évident du dégel des relations, l'Algérie a décidé de réactiver le Traité d'Amitié, de Partenariat et de Bon voisinage signé en 2002, suspendu depuis le début de la crise en octobre 2022. Désormais, Sánchez arrive en Algérie déterminé à tourner la page des désaccords de ces dernières années, accompagné d'Albares et de la ministre de la transition énergétique Sara Aagesen. Ses compagnons de voyage ont clairement exposé les points clés de cette visite .
Aujourd'hui, le contexte géopolitique mondial renforce ce réchauffement , le gouvernement espagnol estime que sa position exprimée sur le génocide du peuple palestinien de la bande de Gaza a été convergente sur toute la ligne avec l'Algérie fervent défenseur de la cause palestinienne. De plus, l'Algérie située au sud de la Méditerranée porte désormais un intérêt accru à l'Europe.
Outre la visite d'Albares, la récente Foire internationale d'Alger , où l'Espagne était l'invitée d'honneur, a constitué un autre signe significatif de ce dégel. Ce geste indique clairement les axes de développement que les deux parties souhaitent privilégier dans leurs relations.
« L’objectif de cette visite est d’ouvrir un nouveau chapitre et de créer une nouvelle dynamique entre l’Algérie et l’Espagne », a expliqué Djamal Eddine Bouabdallah, président du Cercle de commerce et d’industrie hispano-algérien , interrogé par le journal espagnol El Independiente . Il estime que le moment est opportun pour « entamer le dialogue et aller de l’avant ensemble » afin de relancer les relations de façon spectaculaire. Tout porte à croire que cette nouvelle phase des relations bilatérales reposera sur des bases économiques solides.
L'objectif est de renforcer les liens commerciaux et d'investissement entre l'Espagne et l'Algérie. Ce pays africain étant le principal fournisseur de gaz de l'Espagne, les questions énergétiques seront au cœur des discussions.
Outre Sánchez et ses ministres, les dirigeants de Naturgy, Repsol, Moeve et Enagás se rendront également en Algérie . Au-delà de tout accord politique que les deux parties pourraient conclure, les représentants des entreprises négocieront avec Sonatrach (la compagnie gazière nationale algérienne) les modalités techniques et commerciales relatives aux volumes, aux prix et aux délais de livraison du gaz.
Sur le plan énergétique, Madrid souhaite sécuriser ses approvisionnements en gaz algérien dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques et la réduction des importations de gaz russe. Selon des médias espagnols, le gouvernement espère obtenir une hausse de 10 % des livraisons de gaz ainsi qu'un doublement des volumes de gaz naturel liquéfié (GNL).
Mais les Espagnols ne sont pas les seuls à s'intéresser à l'augmentation des échanges gaziers. Pour l'Algérie, l'Espagne est son deuxième client gazier en Europe , après l'Italie. La majeure partie du gaz algérien acheminé vers l'Espagne transite par le gazoduc Medgaz, exploité conjointement par Alger et Madrid. Le gouvernement espagnol prévoit d' accroître le volume de gaz transitant par ce gazoduc jusqu'à 10 %. Il envisage également d'augmenter les approvisionnements algériens en gaz naturel liquéfié (GNL).
Malgré l'importance capitale du gaz dans les relations bilatérales, cette visite vise à aller plus loin. L'Algérie souhaite diversifier ses échanges commerciaux avec l'Espagne au-delà du gaz . Les autorités algériennes s'efforcent de mettre en œuvre une stratégie de diversification économique à laquelle l'Espagne peut contribuer, notamment par le biais d'investissements.
Sur ce plan, les discussions devraient aussi porter sur le développement des échanges économiques, avec des opportunités dans les infrastructures, l'hydraulique, l'industrie agroalimentaire, les énergies renouvelables et l'hydrogène vert, alors que l'Algérie poursuit sa stratégie de diversification économique. Cette visite pourrait enfin ouvrir la voie à la tenue, avant la fin de l'année, d'une réunion bilatérale de haut niveau entre les deux pays, une première depuis 2018.
Un autre axe de développement consistera à accroître la présence des entreprises espagnoles en Algérie, afin de les positionner pour les importants appels d'offres et contrats que le gouvernement algérien lancera pour développer ses infrastructures. L'agriculture, le transport ferroviaire, l'approvisionnement en eau et les infrastructures aéroportuaires figurent parmi les secteurs qui bénéficieront le plus de cet investissement. « L'avenir industriel est prometteur ; l'Algérie souhaite ouvrir un nouveau chapitre de collaboration industrielle et technologique », souligne le président de la Chambre de commerce et d'industrie hispano-algérienne.