La DGSE et le Rainbow Warrior
Dans une interview accordée il y a deux années au média Les Crises, le reporter français Jacques-Marie Bourget, revient sur les deux explosions ayant ciblé le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, navire « amiral » de l’association écologiste Greenpeace. Deux explosions effectuées dans le port de la ville, saboté, , signées par la DGSE, le service secret français, un acte qualifié de scandale d’État. Deux jours après l’attentat, le 12 juillet, la police locale interpelle à l’aéroport un couple présentant des passeports suisses au nom de Turenge. Ils sont arrêtés à l’aéroport où ils se sont rendus afin de récupérer la caution de leur véhicule de location. Une rapide enquête auprès du personnel des hôtels fréquentés par les touristes Turenge montre que ce jeune couple a l’étrange habitude de ne jamais dormir dans le même lit.
Assignés à résidence les « Turenge » commettent une erreur de couards débutants : téléphoner à un numéro « réservé » à Paris pour demander de l’aide. Très vite les « néo Z » découvrent que ce téléphone est une ligne « d’appel au secours » de la DGSE.
Le 23 juillet, la Nouvelle-Zélande inculpe quatre membres d’un voilier français, repartis depuis, venus faire eux aussi une étonnante escapade touristique en plein hiver austral. Inculpe aussi le « couple Turenge » et Christine Cabon, une « taupe » des services français introduite dans le groupe des militants de Greenpeace. Dès l’explosion du navire, la jeune femme a pris la fuite…
Affaire Uramin -Areva
La DGSE est aussi citée dans l'affaire politico-financière Uramin-Areva, à hauteur de 3 milliards d’euros volatilisés, dont l'ancien agent et auteur Vincent Crouzet qualifiait de scandale d’État suite au rachat par Areva de trois gisements d’Uranium inexploitables. Le tout sur fond de suspicions de corruption et de rétrocommissions. Uramin, une société canadienne détentrice de gisements d'uranium en Afrique, est rachetée en 2007 par Areva pour 1,8 milliard d'euros. Des doutes ont été émis sur cette acquisition quand la multinationale française a annoncé être déficitaire pour la première fois en 2011, notamment à cause de la dépréciation de 1,5 milliard d'euros... d'Uramin. Deux informations judiciaires ont été ouvertes depuis 2014, l'une sur le rachat de la société canadienne, l'autre sur la présentation des comptes d'Areva en 2010 et 2011. Pour Vincent Crouzet, qui a écrit sur cette affaire dans « Radioactif » (2014) et « Une affaire atomique » (2017), avait cité le nom de trois banques particulièrement suspectes selon lui, à savoir la banque suisse Julius Baer, une filiale monégasque de la banque italienne Dei Monte Paschi et la banque Pasche.
Marc Eichinger et Areva
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Dans le même sens, Marc Eichinger abonde et sera l'homme qui provoqua la chute du géant nucléaire Areva . Marc Eichinger est l’homme qui a mis au jour les relations entre la société douteuse Uramin, Areva et l’État français, un peu malgré lui.
Début 2011, Marc Eichinger dirige la société de conseil Apic lorsque la direction du patrimoine d’Areva demande à ce consultant, spécialiste des questions financières et minières, de réaliser un audit sur l’opération Uramin. Son analyse est explosive : lors du rachat d’Uramin en juin 2007, Areva aurait été victime d’une escroquerie sans doute facilitée par des complices au sein du groupe. L’homme délaisse alors son costume de consultant et devient espion au sein de la société Areva.
Il raconte son enquête, qui l’emmène en Kazakhstan, en Inde, en Russie. 4,5 milliards d’euros ont été dépensés en 2017 pour sauver Areva de la faillite. Pourquoi l’État a-t-il empêché la liquidation de cette société ? En quinze chapitres thématiques, il explique l’affaire Areva qui aboutira, après de nombreux procès, à la mise en examen de sa présidente Anne Lauvergeon et de Gérard Arbola.
Marc Eichinger dénonce la corruption de l’administration française au sommet et soulève l’immunité accordée aux énarques.
Les otages d'Arlit et la DGSE
La DGSE est également au centre d'une affaire de libération d'otages français à Arlit au Niger et qui serait liée à l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI au Mali
L'ex-DGSE Jean-Marc Gadoullet réclamait 2 millions d’euros à Areva et Vinci pour la libération des otages d'Arlit. Et remet en question la version officielle du ministère de la Défense. Cette affaire pue une guerre de réseaux et va bien au -delà d’un simple différend commercial. Non content de réclamer son dû à ses anciens employeurs, Gadoullet remet aussi en cause la version officielle de la libération des quatre otages, en octobre 2013. Selon le ministère de la Défense, cette libération avait été obtenue par Pierre-Antoine Lorenzi, alors patron de la société de sécurité privée Amarante,un homme de réseaux proche d’Arnaud Montebourg et de l’ex-patron de la DCRI Bernard Squarcini. Selon la version rendue publique par l'Etat français, Lorenzi avait travaillé avec le Touareg Mohamed Akotey, un proche du président nigérien Mahamadou Issoufou. Et réussi là où Gadoullet avait échoué, en libérant les quatre derniers otages en octobre 2013.
L’ancien agent secret Jean-Marc Gadoullet, un des négociateurs de l’affaire, réclame deux millions d’euros à Areva et Sogea Satom (filiale de Vinci), soit un million par société, pour avoir mené à bien la libération des sept otages d’Arlit. Son associé touareg malien, Ahmada Ag-Bibi, demande, lui, 500.000 euros à chacun des deux groupes..
Pierre-Antoine Lorenzi affirme qu’une rallonge de trois millions d’euros, en plus de la rançon, devait servir à payer des intermédiaires et que cet argent supplémentaire a été bloqué par le chef de la DGSE, Bernard Bajolet.
Entre septembre 2010 et octobre 2013, trois réseaux distincts se sont mis en branle pour libérer les otages d'Arlit (infographie Valérie Xandry)
Entre septembre 2010 et octobre 2013, trois réseaux distincts se sont mis en branle pour libérer les otages d'Arlit (infographie Valérie Xandry)