Le ministère espagnol de l’Intérieur prépare l’installation de deux centres permanents destinés à l’identification et à la prise en charge administrative des migrants à Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord-africaine. 
 
Selon le quotidien espagnol El País, chacun de ces dispositifs devrait disposer d’une capacité de 800 personnes et permettre aux autorités espagnoles d’accélérer les opérations d’identification et le traitement des procédures concernant les migrants arrivés sur les deux territoires.
 
Ces infrastructures doivent notamment servir à effectuer les opérations de filiation et de triage administratif des personnes arrivées à Ceuta et Melilla, afin de déterminer leur situation et d’orienter les différentes procédures prévues par la législation espagnole. Le projet intervient dans un contexte de forte pression migratoire à Ceuta, où les autorités ont dû mettre en place plusieurs dispositifs d’accueil temporaires au cours des dernières semaines.
 
D’après les données communiquées par le gouvernement espagnol, environ 4.160 migrants se trouvent actuellement dans des structures d’hébergement temporaires à Ceuta. Les autorités prévoient que ce nombre puisse atteindre environ 6.000 personnes. Les opérations d’identification se poursuivent parallèlement : 1.822 dossiers auraient déjà fait l’objet d’un triage, tandis que 5.482 retours volontaires et 307 retours après intervention des autorités ont été enregistrés.
 
La situation est particulièrement complexe concernant les mineurs non accompagnés. Le gouvernement espagnol estime que 2.048 mineurs ont déjà été identifiés, alors qu’entre 700 et 1.000 autres pourraient encore se trouver dans les rues de Ceuta. Des procédures de regroupement familial ont commencé à être engagées pour une partie d’entre eux. Les autorités ont également renforcé les moyens humains consacrés à l’identification, à l’accompagnement juridique et à la gestion administrative de ces dossiers.
 
La création de ces deux centres permanents s’inscrit dans un programme plus large comprenant 14 projets financés avec le soutien de fonds européens, pour un montant annoncé de 35,6 millions d’euros. L’objectif affiché par les autorités espagnoles est de disposer de capacités permanentes permettant de faire face à de nouvelles arrivées importantes et d’éviter que les dispositifs d’urgence ne deviennent la principale réponse à une situation appelée à se prolonger.
 
À Ceuta, la crise migratoire a provoqué un déploiement exceptionnel de moyens. Plusieurs milliers de personnes ont dû être hébergées dans des installations provisoires, tandis que les autorités procédaient progressivement à leur identification et à l’examen de leur situation administrative. La Police nationale a notamment transféré des centaines de migrants depuis des campements vers de nouveaux dispositifs d’accueil installés dans la ville.
 
Le gouvernement espagnol a par ailleurs décidé de maintenir jusqu’au 31 décembre un dispositif de commandement unifié destiné à coordonner l’action des différentes administrations impliquées dans la gestion de la crise. Madrid affirme vouloir rétablir progressivement une situation normale à Ceuta d’ici à la fin de l’année, tout en accélérant les procédures administratives concernant les personnes encore présentes sur le territoire.
 
La mise en place de centres permanents à Ceuta et Melilla marque ainsi une évolution dans la gestion espagnole des arrivées migratoires sur ces deux territoires. Au-delà de la réponse immédiate à la crise actuelle, Madrid cherche à disposer d’infrastructures capables d’assurer durablement l’identification, l’orientation et le traitement administratif des migrants, dans un contexte où la pression sur les frontières extérieures de l’Espagne demeure un sujet majeur.
 
Rédaction Algérie 54