L'organisation internationale Front Line Defenders a exprimé, lundi, sa profonde inquiétude face à la dégradation rapide de l'état de santé du défenseur sahraoui des droits humains et détenu politique Naâma Asfari, alors qu'il entame sa troisième semaine de grève de la faim illimitée.
 
Dans un communiqué publié le 29 juin depuis Blackrock (Irlande), l'organisation appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement Naâma Asfari, qu'elle considère comme détenu de manière arbitraire, et à garantir sans délai son accès à des soins médicaux spécialisés, indépendants et choisis par lui-même.
 
Front Line Defenders rappelle que Naâma Asfari, vice-président du Comité des libertés et du respect des droits de l'homme au Sahara occidental (CORELSO), est l'un des plus éminents défenseurs sahraouis des droits humains. Il est emprisonné depuis son arrestation le 7 novembre 2010, à la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Selon l'organisation, il a été détenu au secret pendant cinq jours, soumis à des actes de torture et contraint de signer des aveux qui ont servi de base à sa condamnation, en 2017, à 30 ans de prison.
 
Le communiqué précise qu'avant d'entamer sa grève de la faim illimitée le 8 juin 2026, Naâma Asfari avait déjà observé trois grèves de la faim de 48 heures chacune au cours du mois de mai, sans obtenir de réponse des autorités marocaines.
 
Son mouvement actuel vise notamment à exiger l'application de l'avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
 
Selon Front Line Defenders, le militant est actuellement détenu à l'infirmerie de la prison de Kénitra dans des conditions restrictives. Il ne bénéficie que d'une heure de sortie quotidienne, est privé de plusieurs effets essentiels, notamment une lampe, une table et une chaise, et aurait perdu près de cinq kilogrammes depuis le début de sa grève de la faim.
 
L'organisation fait également état de préoccupations concernant des informations faisant état de négligence médicale, de mesures de représailles et de mauvais traitements. Elle appelle les autorités marocaines à garantir son intégrité physique et psychologique, à mettre fin à toute forme de mauvais traitement et de discrimination à l'encontre des défenseurs sahraouis des droits humains, ainsi qu'à leur assurer un accès régulier à leurs familles, à leurs avocats et aux soins médicaux nécessaires.
 
Elle demande également l'ouverture d'enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur les allégations de torture et de mauvais traitements, la poursuite des responsables, ainsi que l'exclusion de toute preuve obtenue sous la torture des procédures judiciaires, conformément aux obligations internationales du Maroc au titre de la Convention contre la torture.
 
Enfin, elle appelle à garantir aux défenseurs des droits humains au Sahara occidental la possibilité d'exercer leurs activités librement, sans crainte de harcèlement judiciaire, de détention arbitraire ou de représailles.
 
Racha Selmi