L'invasion de l'enclave espagnole de Ceuta par 60000 marocains, le jour de la célébration du 27ème anniversaire de la fête du trône, est bel et bien une opération bien étudiée et préparée destinée à fragiliser l'Espagne et son premier ministre Pedro Sanchez, opposés au génocide du peuple palestinien et à l'utilisation du territoire espagnol pour mener une agression contre l'Iran.

Sur ce registre, il est clair que le régime fantoche du Makhzen , fidèle à son statut d'Etat fonctionnel, a joué le supplétif au profit de l'entité sioniste et son allié Donald Trump.

D'ailleurs, ce dernier qui vient d'être honoré par le commandeur des croyants en portant le nom d'une route destinée à piller le peuple sahraoui, a rapidement saisi cette opportunité pour s'attaquer à ses détracteurs démocrates en commentant les images de l'assaut sur Ceuta, à quelques semaines des élections américaines mi-mandat de novembre prochain, ou il risque fortement de perdre la majorité, synonyme de fragilisation de ce qui lui reste à la tête de la Maison Blanche.

Mohamed VI appelé mensongèrement, commandeur des croyants et  président du Comité d'El Qods a également bien servi le génocidaire Benyamin Netanyahou, qui s'est réjoui de cette agression makhzenienne au même titre que son ministre génocidaire Ben Gvir. L'entité sioniste et ses ses dirigeants génocidaires n'ont pas digéré la position de Madrid et de son premier ministre Pedro, condamnant le génocide des palestiniens de la bande de Gaza, reconnaissant l'Etat de la Palestine, et interdisant les navires transportant des armes à l'entité sioniste à s'approvisionner au niveau des ports espagnols.

Soutenu par l'entité sioniste, le régime néoféodal de Rabat a bel et bien organisé une  Marche Verte 2.0, qui est loin d'être un mouvement spontané. Rien ne se fait au Maroc sans l'aval de Mohammed VI. Et encore moins un exode massif de jeunes coïncidant avec le 27e anniversaire de son accession au trône.

 Il s'agit d'une manœuvre calculée de Rabat, poursuivant plusieurs objectifs : informer le gouvernement Sanchez sur le potentiel déstabilisateur du régime du Makhzen ; renforcer son discours expansionniste et annexionniste appelé le "Grand Maroc" sur l'identité marocaine de Ceuta et Melilla ; et démontrer qu'elle bénéficie du soutien des États-Unis et de l'entité sioniste, par conséquent, de l'impunité. 

Un rapport de la commission des crédits de la Chambre des représentants, un réseau de think tanks pro-Trump de Washington et la diplomatie publique sioniste ont permis au régime du Makhzen d'accomplir ce qu'elle n'avait pas réussi à faire depuis soixante-dix ans : porter la question de la souveraineté espagnole sur les deux villes au cœur du débat public, hors du Maroc . Rabat y était déjà parvenue avec le Sahara Occidental, grâce à une politique…

D'ailleurs,  l'ambassadeur de l'entité sioniste auprès des Nations Unies, Danny Danon , ne s'est fait pas attendre  pour écrire dans le magazine X, que l'Espagne, si prompte à donner des leçons, ferait peut-être mieux d'expliquer au monde pourquoi elle maintient des « enclaves coloniales en Afrique ».

Ce message contenait également une erreur flagrante : il affirmait que le gouvernement espagnol avait déclaré l'état d'urgence national, alors qu'en réalité, c'était la Ville autonome de Barcelone qui en avait fait la demande, laquelle avait été rejetée par le ministère de l'Intérieur, car la pression migratoire ne relevait pas du cadre réglementaire de la protection civile. 

En représailles à la courageuse position de Madrid, Michael Rubin , ancien responsable du Pentagone, chercheur à l'American Enterprise Institute et directeur de l'analyse au Middle East Forum a publiquement exhorté en mars dernier, Donald Trump à déclarer Ceuta et Melilla territoires marocains occupés