Par Hanane Ben
La télévision nationale nigérienne a diffusé les images des officiers ayant mené le coup d'État. On y apprend que ces derniers participaient à un stage de formation au Royaume du Maroc, aux côtés d'officiers français.
Cette révélation jette une lumière brute sur les ramifications extérieures de la crise et s'articule avec les tensions orchestrées sur le sol algérien. Car pendant que Niamey basculait, l'Algérie devait faire face à une menace tout aussi brutale.
Le président Tebboune l'a d'ailleurs affirmé sans détours : les violents feux de forêt qui ont ravagé l'Algérie ces derniers jours et continuent de consumer des hectares de notre patrimoine naturel portent la marque d'une main criminelle.
Pour beaucoup d'observateurs, la simultanéité entre cette vague d'incendies et le coup d'État au Niger ne relève en rien du hasard. Tout porte à croire que les adversaires de l'Algérie, impliqués dans ce putsch, ont cherché à paralyser et distraire le pays pour l'empêcher de porter assistance à son voisin nigérien.
Derrière cette manœuvre orchestrée par le trio France-Maroc-Émirats arabes unis, l'objectif véritable est de torpiller définitivement le projet du gazoduc transsaharien (TSGP).
Le décor est désormais planté. Si le Niger est le théâtre visible des tensions, c'est bien l'Algérie qui demeure la cible finale. Ces trois acteurs semblent engagés dans une stratégie d'encerclement visant à paralyser ce projet d'envergure reliant le Nigeria, le Niger et l'Algérie.
Ce qui vient de se dérouler à Niamey, à peine quelques heures après le départ d'une haute délégation nigérienne d'Alger, s'inscrit dans cette logique. En pleine accélération du rapprochement stratégique et de la dynamique économique entre les deux pays, l'échiquier s'est agité pour redistribuer les cartes avant que le projet énergétique ne devienne irréversible.
Pour le trio France-Maroc-Émirats arabes unis, ce gazoduc n'est pas une simple compétition commerciale, mais un basculement géopolitique majeur. Il menace directement le projet alternatif atlantique promu par Rabat avec le soutien financier d'Abou Dhabi, tout en accentuant l'effritement de l'influence française dans le Sahel après la rupture avec Niamey.
Les événements du Niger ne sauraient donc être réduits à un simple incident sécuritaire isolé. Le timing est en lui-même un message.
Chaque avancée concrète sur l'axe Niamey- Alger fait réagir ceux que ce nouveau rééquilibrage régional dérange. L'enjeu est désormais limpide : soit ce projet aboutit pour devenir un corridor souverain africain, soit il est sabordé pour réimposer les schémas du passé. C'est là que réside le véritable cœur de la bataille.
Face à cette réalité, les coups de Jarnac et les tentatives de déstabilisation visant l'Algérie et l'ensemble du Sahel s'accentuent à une vitesse inquiétante.
Le président Tebboune lors de ses interventions publiques, tout comme le général de corps d'armée Saïd Chengriha, n'ont de cesse de le répéter : l'Algérie est directement ciblée par des ingérences étrangères désormais identifiées de tous, impliquant la France, Israël, le Maroc et les Émirats arabes unis.
Mais cette stratégie maléfique se heurte à une réalité politique majeure, celle de la maturité de la population algérienne et la prise de conscience globale des peuples africains face à ces jeux d'influence.
La vigilance reste de mise sur tous les fronts pour déjouer ces manœuvres et réduire à néant leurs objectifs ignobles.