Les prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik, répartis dans plusieurs établissements pénitentiaires marocains, ont entamé une grève de la faim de deux jours en solidarité avec leur codétenu Naâma Asfari, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin. Cette action vise à dénoncer les conditions de sa détention ainsi que celles des autres détenus sahraouis.
 
« Naâma peut me téléphoner très brièvement, mais je n'ai pas le droit de l'appeler. Nos échanges se déroulent toujours en présence d'un gardien francophone. Pour le moment, il me dit qu'il se sent bien, mais le nombre de jours s'accumule et je suis très inquiète », a déclaré Claude Mangin, épouse de Naâma Asfari, exprimant sa vive préoccupation face à la dégradation possible de son état de santé.
 
Selon la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, cette mobilisation constitue la troisième action de solidarité organisée par les détenus de Gdeim Izik depuis le début de la grève de la faim de Naâma Asfari. Les prisonniers entendent ainsi attirer l'attention sur sa situation et dénoncer les conditions de détention qu'ils jugent contraires aux normes internationales des droits humains.
 
Naâma Asfari est l'un des membres du groupe de Gdeim Izik, arrêté à la suite du démantèlement du campement de protestation de Gdeim Izik, installé près de Laâyoune en octobre et novembre 2010. Les membres de ce groupe sont aujourd'hui dispersés dans plusieurs prisons marocaines.
 
Les familles des détenus tiennent les autorités marocaines pour pleinement responsables de la santé et de la sécurité de Naâma Asfari. Elles réclament notamment sa protection, la libération des détenus du groupe de Gdeim Izik, la fin des mauvais traitements ainsi que le respect de leurs droits fondamentaux.
 
La Ligue rappelle également que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé, dans un avis publié en 2023, que la détention des membres du groupe de Gdeim Izik était arbitraire et avait appelé à mettre fin à leur privation de liberté. Elle souligne aussi les recommandations formulées par la Comité contre la torture concernant les allégations de mauvais traitements.
 
Enfin, la Ligue a appelé la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les instances compétentes à intervenir afin de suivre la situation des prisonniers sahraouis et de veiller au respect de leurs droits.
 
Racha Selmi