La politique, c’est l’amour de la patrie et rien de plus 🇩🇿

January 13, 2026

A la une, Économie

ACTUALITES

Mohamed Amokrane Nouad souligne les signaux forts envoyés par le président de la République pour le secteur agricole

L’expert en agronomie Mohamed Amokrane Nouad a livré ce mardi une analyse approfondie de la feuille de route tracée par le Président de la République pour le secteur de l’agriculture à l’horizon 2026, qualifiant cette feuille de route de « défiante », tout en estimant qu’elle marque un tournant stratégique dans la manière d’aborder les politiques agricoles en Algérie.

L’expert en agronomie Mohamed Amokrane Nouad a livré ce mardi une analyse approfondie de la feuille de route tracée par le Président de la République pour le secteur de l’agriculture à l’horizon 2026, qualifiant cette feuille de route de « défiante », tout en estimant qu’elle marque un tournant stratégique dans la manière d’aborder les politiques agricoles en Algérie.

S’exprimant à l’émission « L’Invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, l’expert a tenu à replacer cette feuille de route dans son contexte global, soulignant « les signaux forts envoyés par le président de la République ».

« La feuille de route est défiante et le Président de la République a pointé du doigt certains éléments essentiels, stratégiques et même importants », a-t-il déclaré, mettant en avant l’appel explicite au retour de la science et des compétences de terrain.

Pour Mohamed Amokrane Nouad, « il est aujourd’hui impossible de relancer durablement l’agriculture sans s’appuyer sur les spécialistes du secteur ». « On ne peut pas faire l’agriculture sans les agronomes, sans les techniciens et sans les vétérinaires », a-t-il insisté, regrettant que de nombreux cadres formés soient éloignés du terrain agricole. « On a oublié qu’on forme des ingénieurs agronomes et des techniciens qui, malheureusement, ne sont pas sur le terrain. Ils sont ailleurs », a-t-il déploré.

« Le retour à la science constitue la base de toute relance du secteur »

Selon l’expert, l’amélioration des performances agricoles repose avant tout sur la maîtrise de l’itinéraire technique. « Le rendement, c’est un itinéraire technique, et cet itinéraire est connu et maîtrisé par ces gens-là », a-t-il affirmé, estimant que le retour à la science constitue la base de toute relance sérieuse du secteur. Cette approche se retrouve, selon lui, dans l’orientation donnée par le Président de la République concernant la production céréalière, considérée comme une filière charnière pour la sécurité alimentaire nationale.

« Il ne faut pas étendre les superficies uniquement, il faut parler de rendement et de rentabilité », a expliqué Mohamed Amokrane Nouad, soulignant qu’il vaut mieux consolider les exploitations existantes que d’élargir les surfaces sans amélioration des performances. « Il vaut mieux garder la même entité et la renforcer en moyens pour produire 20 à 25 quintaux à l’hectare que de doubler les superficies avec de faibles rendements », a-t-il précisé.

Travailler avec l’itinéraire technique pour sécuriser la production

Pour l’expert, les difficultés rencontrées lors des campagnes agricoles traduisent un problème d’organisation et d’encadrement des filières. « Une campagne, ça se prépare une année à l’avance », a-t-il rappelé, estimant que l’improvisation actuelle est le résultat d’un éloignement de l’itinéraire technique et d’un manque de planification. « Quand on travaille avec l’itinéraire technique, on se prépare, on gagne du temps et on sécurise la production », a-t-il ajouté.

Nécessité de revoir la loi d’orientation agricole

La révision annoncée de la loi d’orientation agricole a également occupé une place centrale dans son analyse. Selon Mohamed Amokrane Nouad, cette loi, par nature décennale, n’est plus adaptée aux réalités actuelles. « Elle a dépassé les dix ans, elle est aujourd’hui périmée », a-t-il estimé, appelant à une refonte tenant compte des évolutions technologiques, organisationnelles et numériques.

« La loi d’orientation agricole, c’est de la politique publique. Elle fixe une direction et les moyens pour y arriver », a-t-il expliqué, soulignant que la modernisation, la numérisation et la technicité sont désormais incontournables pour restructurer les filières agricoles.

L’expert a toutefois insisté sur un point structurel majeur, à savoir « la taille économique des exploitations ». « Avec une moyenne de 6 hectares, on ne peut ni mécaniser, ni moderniser, ni recruter », a-t-il affirmé, plaidant pour un véritable remembrement du foncier agricole afin de créer des exploitations viables et compétitives. Selon lui, sans cette réforme, toute politique de modernisation restera limitée dans ses effets.

L’encouragement présidentiel à la création de coopératives spécialisées salué

Concernant l’organisation des filières, Mohamed Amokrane Nouad a salué l’encouragement présidentiel à la création de coopératives spécialisées, tout en regrettant l’écart entre les textes et leur application. « Une coopérative, c’est une force », a-t-il rappelé, précisant que les offices interprofessionnels devraient fonctionner au service des producteurs.

« Quand on dit que ces offices appartiennent aux agriculteurs, cela signifie que ce sont eux qui doivent décider, et que l’État doit assurer la régulation », a-t-il souligné, appelant à un retour à l’esprit initial des textes réglementaires.

L’Algérie, un pays historiquement à vocation à l’élevage

La filière des viandes rouges et blanches, autre axe prioritaire de la feuille de route présidentielle, a suscité une analyse sans concession de la part de l’expert, rappelant que l’Algérie dispose pourtant d’un potentiel agroécologique considérable. « Nous avons 45 millions d’hectares, dont 35 millions destinés aux pâturages, et 20 millions d’hectares de steppe », a-t-il souligné, estimant que le pays a historiquement vocation à l’élevage. « L’Algérie était d’abord un pays d’élevage, avec une association élevage-céréales qui structurait toute l’économie agricole », a-t-il rappelé.

Enfin, Mohamed Amokrane Nouad a plaidé pour une diversification des productions agricoles et animales, estimant que l’Algérie dispose de nombreux atouts encore sous-exploités. « L’Algérie est un continent, pas seulement un pays », a-t-il déclaré, appelant au développement d’autres filières comme le caprin, le camelin ou encore des sources alternatives de protéines. Il a également insisté sur la nécessité de revoir les mécanismes de subvention. « Je suis pour subventionner davantage, mais à la performance », a-t-il conclu, estimant que le soutien public doit encourager les producteurs les plus efficaces afin de tirer l’ensemble des filières vers le haut.

Partager cet article sur :

Articles similaires