Par Hanane Ben
Sous le vernis séduisant de la transition écologique se cache une réalité bien plus sombre : le pillage méthodique des ressources naturelles d'un territoire colonisé. L'annonce de la signature d'un accord de subvention par une agence gouvernementale américaine pour financer les études d'un méga-projet d'hydrogène et d'ammoniac verts au Sahara Occidental franchit un nouveau cap.
L'engagement financier direct d'une agence fédérale américaine ne relève pas du simple investissement : c'est un acte politique complice qui vise à entériner le fait accompli colonial et à bafouer le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Depuis la reconnaissance unilatérale orchestrée sous l'administration Trump en décembre 2020, l'accélération de ce bradage est flagrante. Les représentations diplomatiques américaines multiplient les déclarations d'appui, scellant cette alliance par des provocations symboliques jusqu'à rebaptiser l'axe routier stratégique Tiznit-Dakhla « Autoroute Donald Trump ».
Selon Bloomberg, la société américaine ORNX Green Energy a ainsi décroché 5,7 millions de dollars auprès de l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). L'objectif ? Préparer un investissement colossal de 4,5 milliards de dollars pour extraire et exporter 560 000 tonnes d'ammoniac vert par an à partir d'une terre spoliée.
Pourtant, le pillage du Sahara Occidental n'a pas attendu les Américains. La France, pilier historique du soutien à la politique marocaine, y a installé ses intérêts économiques depuis très longtemps. Ses banques et ses géants de l'énergie (comme Engie ou TotalEnergies) exploitent déjà les ressources de la région bien avant l'arrivée des firmes américaines.
En officialisant la reconnaissance de la « souveraineté marocaine » en juillet 2024, Paris n'a fait qu'entériner formellement une occupation économique qu'elle soutenait et finançait dans l'ombre depuis des décennies, verrouillant ainsi ses positions face à l'offensive des multinationales américaines.
Mais l'arrivée massive et financée par l'État fédéral américain bouscule directement le « pré-carré » français. Cette offensive agressive de Washington ne va clairement pas faire plaisir à la France, qui voit son hégémonie historique menacée et se trouve contrainte d'accélérer ses propres investissements pour ne pas se faire marginaliser sur les marchés d'avenir de la région.
Ce ballet cynique de multinationales — américaines (ORNX, Ortus), espagnole (Acciona), allemande (Nordex) et françaises — révèle la vraie nature de ces projets : une spoliation en règle.
En injectant des milliards dans des infrastructures stratégiques sur des terres confisquées, ces puissances occidentales tentent d'imposer une dépendance économique irréversible. Sous couvert d'énergies propres, c'est le vol caractérisé des richesses du peuple sahraoui qui s'organise, au mépris le plus total des résolutions de l'ONU et du droit international.
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