Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, membre du groupe de Gdeim Izik, est entré ce jeudi dans sa cinquième semaine de grève de la faim, entamée le 8 juin dernier à la prison de Kénitra, au Maroc.
Selon un communiqué de l'Association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), cette action de protestation vise à dénoncer le refus des autorités marocaines d'appliquer les recommandations de l'Avis 23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
L'instance onusienne avait conclu au caractère arbitraire de la détention des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik et appelé à leur libération immédiate. Toutefois, trois ans après cette décision, Rabat n'a mis en œuvre aucune des mesures préconisées par les Nations unies.
D'après les informations relayées par l'épouse de Naâma Asfari, Claude Mangin-Asfari, le détenu affiche une « détermination impressionnante », malgré une importante perte de poids qui suscite une vive inquiétude quant à son état de santé.
L'AARASD estime que la grève de la faim constitue le dernier moyen de protestation dont disposent les prisonniers politiques sahraouis face à ce qu'elle qualifie de « cynisme » et de « dureté » des autorités marocaines.
L'association appelle également les autorités françaises à intervenir afin de faire respecter les droits de Naâma Asfari et de l'ensemble des détenus sahraouis, notamment à l'occasion de la prochaine mission officielle du Premier ministre français au Maroc.
L'organisation demande par ailleurs le transfert des prisonniers du groupe de Gdeim Izik vers la prison d'El Aïoun afin qu'ils puissent se rapprocher de leurs familles, en attendant leur libération.
Pour rappel, les membres du groupe de Gdeim Izik ont été condamnés en 2010 à de lourdes peines de prison, allant de vingt ans de réclusion à la perpétuité, à l'issue de procès largement dénoncés par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Le Comité des Nations unies contre la torture (CAT) a, à plusieurs reprises, condamné le Maroc pour des aveux obtenus sous la torture dans les dossiers concernant plusieurs membres de ce groupe, dont Naâma Asfari.
Rasha Selmi