Par Hanane Ben
Un important colloque international consacré aux ressources naturelles au Sahara Occidental et aux enjeux juridiques qui y sont liés se tiendra samedi prochain à Alger.
Organisé par le groupe de suivi du dossier des ressources naturelles, cet événement de deux jours réunira d’éminents intervenants pour débattre des mécanismes du droit international garantissant le droit inaliénable du peuple sahraoui à la souveraineté sur ses richesses.
Dans une déclaration à la presse, M’Hamed Cheikh, Chargé d’affaires de l’ambassade de la RASD à Alger, a souligné l'importance de ce rendez-vous qui intervient dans un contexte juridique particulièrement favorable.
Il a notamment rappelé que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a tranché de manière explicite, dans ses avis de 2014, 2016 et 2018, que le Sahara Occidental et le Maroc sont deux territoires distincts et séparés.
« Il y a une semaine, l’Union européenne a déclaré de manière très claire que l’espace aérien reste la propriété exclusive du peuple sahraoui. Ce sont des acquis très importants qui consacrent la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources», a précisé M’Hamed Cheikh, ajoutant que cette conférence se tiendra quelques jours avant l’ouverture de l’Université d’été, prévue le 11 août à Boumerdès, un autre jalon majeur dans le combat sahraoui.
Au cours des travaux, les experts examineront les derniers développements des contentieux internationaux et jetteront les bases d'un système de suivi et de cartographie du pillage des matières premières.
Les échanges porteront également sur le rôle de la société civile, le plaidoyer international et la dénonciation de l'exploitation illégale menée par des entreprises étrangères dans les territoires occupés.
Pour animer ces débats, plusieurs figures juridiques et politiques internationales sont attendues, parmi lesquelles l'avocat Manuel Devers, l'eurodéputé Miguel Urbán Crespo, le militant espagnol Jesús Garay (Association des amis du peuple sahraoui au Pays basque) ainsi que Flora Marrero Ramos, membre de l'Association internationale des juristes pour le Sahara Occidental.
L'illusion d'une souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental s'effrite à mesure que le droit international réaffirme ses principes.
Si Rabat tente de consolider sa position en s'appuyant sur l'aval américain, ce soutien politique ne transforme en rien une occupation en légitimité juridique.
Le soi-disant « plan d'autonomie » demeure une coquille vide, incapable de contourner le statut distinct et séparé du territoire reconnu par les plus hautes instances globales.
En ignorant la volonté fondamentale du peuple sahraoui, le Maroc s'enferme dans un calcul géopolitique sans issue, où l'aboutissement de ses ambitions territoriales reste plus inaccessible que jamais.