Selon The Objective, Pedro Sanchez se rendra le 20 juillet prochain à Alger, moins de six ans après sa dernière visite effectuée en Algérie en octobre 2020, et trois jours avant la présentation du projet de loi devant le parlement espagnol, concernant l'attribution de la nationalité espagnole aux sahraouis nés durant la colonisation des territoires sahraouis. Ce projet de loi, constitue le règlement d'une dette espagnole envers le peuple sahraoui.

 Après un an et demi d'impasse au Congrès, la commission espagnole de la justice a débloqué mardi dernier le projet de loi accordant la nationalité espagnole aux citoyens sahraouis de l'ancienne colonie espagnole, autorité administrante des territoires sahraouis avant leur occupation illégale par le colon marocain.

Dans le même cadre, il faut souligner, que la réception de Pedro Sanchez à Alger, par le président Tebboune interviendra quelques jours après son voyage prévu en Allemagne, annoncé pour le 16 juillet prochain.

Pour sa part, le président du Conseil espagnol devrait assister au Sommet de l'OTAN prévu à Ankara, en Turquie, les 7 et 8 juillet, et participera au défilé militaire français dans les rues de Paris le 14 juillet, avant de se rendre à Alger.

D'autre part, il faut noter que, les  relations commerciales entre l'Espagne et l'Algérie se sont normalisées en 2024  après 28 mois de crise diplomatique et 3,2 milliards d'euros de pertes  pour les entreprises espagnoles. 

Au total,  les entreprises espagnoles avaient cessé d'exporter des produits d'une valeur équivalente à 3,2 milliards d'euros , ce qui représentait la différence entre la dernière année de normalité économique (2021) et les balances commerciales des années suivantes et des huit premiers mois de 2024.

En 2021, les exportations espagnoles vers l'Algérie s'élevaient à 1,888 milliard d'euros, un chiffre qui a chuté en 2022 – après six mois de restrictions commerciales – à 1,017 milliard d'euros, puis à 332 millions d'euros en 2023, le niveau le plus bas jamais enregistré.

Malgré une amélioration du contexte économique, les échanges commerciaux entre les deux pays n'ont pas encore retrouvé leur niveau  d'avant l'alignement de Sánchez, sur la position de l'occupant marocain .

L'Algérie, un Etat-pivot et incontournable

Selon des observateurs avertis dont des experts espagnols, l'Algérie est un Etat fiable et incontournable, à qui on ne peut tourner le dos ou sous-estimer son rôle dans la Méditerranée, l'Afrique du Nord, le Sahel ou le Monde arabe. Une approche adressée aux dirigeants espagnols du PSOE, en pleine crise de confiance sur la scène intérieure espagnole et qui agit dans le conjoncturel pour se rapprocher du régime du Makhzen aux ambitions expansionnistes, visant non seulement les territoires sahraouis, mais aussi les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila, et le Mont Tropic, riche en gisements de terres terres.

Pour les observateurs, la politique de l'alignement de Sanchez sur la position du régime du Makhzen a coûté  cher aux entreprises espagnoles, offrant des opportunités à des entreprises italiennes et chinoises pour combler le vide laissé par les entreprises  ibériques, sachant que l'Algérie est présentée par une grande partie des espagnols comme un Etat fiable sur les plans énergétique et sécuritaire indispensable à la sécurité de la Péninsule ibérique.

Le voyage de Pedro Sanchez à Alger, ne sera qu'un retour à la normale, après une brouille provoquée par des intérêts retreints et conjoncturels d'une partie de la gauche espagnole, dont certaines figures devront affronter la justice espagnole dans des affaires jugées scabreuses par l'opinion publique espagnole.