Par Fatma Zohra Hamza
Les Emirats Arabes Unies, sont la destination des réseaux criminels transnationaux. Dubaï, est devenu depuis plus d’une décennie, un hub majeur pour les cartels de la drogue, servant non seulement de refuge pour des trafiquants recherchés ; cette ville sert de plateforme logistique pour leurs opérations criminelles.
L’attractivité de Dubaï aux yeux des réseaux criminels transnationaux, c’est d’abord ses aéroports et ports ultra-connectés aux zones de production et aux marchés de consommation en Europe et sur le continent américain.
Abu Dhabi et Dubaï, constituent des centres offshores majeurs pour l’argent sale ; les narcotrafiquants et grands cartels utilisent le système bancaire émirati-pour la création de sociétés écrans et d’achats de biens immobiliers- pour blanchir l’argent. Les émirats se rend ainsi complice de crimes financiers, une complicité rémunérée à coup de narcodollars versés dans les caisses de ce petit état du Golf.
Les Emirats, où les paradis fiscaux, comme qualifiées dans de nombreuses enquêtes, est le refuge légal des cartels les plus recherchés, à qui ont délivrait à coup de bras, des visas de résidence grâce à des sociétés écrans ou de prétendus investissements.
Les réseaux marocains à leur tête, la Marco maffia, ce réseau dont des figures comme Faycal Taghi, et une trentaine de trafiquants français de premier plan ont résidé à Dubaï alors qu’ils faisaient l’objet de mandats d’arrêt internationaux.
Les visas du cartel kinahan, trouble-fête des relations américano-émirati !
Le dernier visa de Christy Kinahan, le fondateur irlandais de l’organisation criminelle Kinahan dont le chiffre d’affaires s’élève à 1,5milliard de dollars issu du trafic de drogue et faisant l’objet de sanctions financières et de voyage imposées par les États-Unis depuis avril 2022- son visa mentionnait comme employeur OSA Management Consultancies DWC LLC, une société basée à la même adresse à Dubaï qu’une autre entreprise liée au cartel.
Les membres du cartel –qui font l’objet aussi, d’avis de recherche international et toujours en fuite aux émirats- avaient selon l’enquête du journal britannique, THE Sun, basée sur une analyse des registres d’immigration publics, ils avaient tous obtenus des visas de résidence liées à l’emploi et parrainés par des sociétés de Dubaï.
Ces sociétés émiraties, sont tenues, par la loi, de demander ces permis de travail auprès du ministère des ressources humaines et de l’émiratisation, ce détail de taille révélé par le journal britannique THE Sun, confirme une complicité affichée et décomplexée de Abu Dhabi, dans ce réseau transnational de trafic de drogue.
Ce petit Etat du Golfe, et en dépit du fait, que les USA, considèrent ces criminels comme des fugitifs et offrent à ce jour, une récompense de 5 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation de leur chef Christy Kinahan ; a clairement offert à ces criminels un refuge et un système financier avantageux pour leur réseau criminel au détriment de ces relations avec les Etats-Unis.
Les américains considèrent, les émirats comme le maillon critique dans la chaine du blanchiment d’argent et d’évasion des fugitifs et en l’absence de traité d’extradition bilatéral entre les deux pays et d’une volonté politique claire de Abu Dhabi pour coopérer dans ce dossier et la lutte contre le crime organisé; les relations bilatérales, sont affectées et restent très tendues.
La responsabilité de cette blanchisserie légale émirati est bien engagée ; dans le crime transnational et même le financement des super-cartel- En 2022, l’opération européenne « Desert Light » a mis en évidence un « super-cartel » contrôlant environ un tiers de la cocaïne entrant en Europe, basé en grande partie à Dubaï- une responsabilité qui s’inscrit dans le cadre de la guerre hybride que mène Abu Dhabi, depuis des décennies, contre des pays voisins et même contre ses propres alliés.