Par Hanane Ben
Le 19 juin 2026, lors des épreuves du réseau de l'enseignement français au Maroc, géré par l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), les élèves ont découvert sur leur sujet d'examen une carte du Maroc amputée du Sahara Occidental. Une vive polémique s’en est suivie dans les établissements concernés de la part d’enseignants et d’élèves marocains, certains refusant même de poursuivre l’épreuve.
Si pour certains, cet incident a ravivé le débat sur la représentation des frontières du Maroc dans les supports pédagogiques, il n’en demeure pas moins que le statut de ce territoire demeure autonome au regard du droit international et fait toujours l’objet d’un processus politique mené sous l’égide des Nations unies.
Les médias officiels ont préféré étouffer l'affaire pour éviter une crise diplomatique majeure. L’affront semblait en effet insurmontable pour les Marocains, toujours prompts à défendre leur imaginaire national.
L’erreur qui n’en est pas une, survient alors que la France a officiellement modifié sa position diplomatique en apportant un soutien au plan d’autonomie marocain à propos du Sahara Occidental. En vérité, l'AEFE, une administration officielle française n’a fait qu’utiliser, au sein même de ses établissements à Rabat ou Casablanca, une carte reconnue par les Nations Unies où le Sahara Occidental et bien distinct du royaume du Maroc.
Un autre incident est resté sous radar également, celui de l’homologation par le ministère de l'Education nationale marocain (MEN) d'un manuel importé de France (intitulé « Je lis avec Mona ») contenant lui aussi une carte ou les frontières du Maroc sont bien distinctes de celles du Sahara Occidental.
La contradiction entre la position politique officielle de la France et la pratique concrète de ses administrations comme l'AEFE, qui continuent d'utiliser les cartes standards de l'ONU, est ici flagrante.
Si le régime de Paris peut modifier sa doctrine diplomatique du jour au lendemain par une déclaration officielle ou une lettre d'État. En revanche, les administrations s'appuient sur des structures, des manuels et des référentiels juridiques internationaux qui ne peuvent changer en un claquement de doigts.
Par ailleurs, si nous supposons que l'AEFE n'a pas créé cette carte pour provoquer le Maroc ; elle applique les standards de son autorité de référence sur le plan cartographique mondial : l'ONU. Tant que l'ONU ne modifie pas officiellement ses cartes, une administration française qui se veut respectueuse du droit international utilise les fonds de carte de l'ONU, ignorant de fait le virage politique pris par son propre gouvernement.
Cet incident cartographique rappelle une réalité complexe : la diplomatie ne se joue plus seulement dans le secret des chancelleries, mais s'entrechoque désormais sur le terrain, jusque dans les salles de classe. Une réalité qui obéit au droit international, lequel inscrit le Sahara Occidental comme un territoire autonome et appuie le vœu du peuple sahraoui à l'autodétermination.