Le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a organisé, lundi à Alger, une conférence intitulée “Gara Djebilet: du gisement minier à l’espace de développement durable” lors de laquelle les dimensions économiques et de développement de ce projet ont été mises en exergue.
La rencontre s’est déroulée en présence de la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, chargée des Mines, Karima Bakir Tafer, du conseiller auprès du président de la République chargé des finances, des banques, du budget, des réserves de change, des marchés publics et des paiements internationaux, Farid Yaici, du président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, Pr. Kamel Sanhadji, ainsi que du directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, en sus de représentants du Conseil de la nation, de plusieurs ministères, ainsi que d’experts et enseignants universitaires.
Dans une allocution à cette occasion, le président du CNESE, Mohamed Boukhari, a mis en avant l’importance économique de ce gisement qui concrétise un espace de développement intégré, à même de contribuer au renforcement de la sécurité industrielle du pays et à l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale dans son ensemble.
“Cette infrastructure géante, réalisée en un temps record, constitue la concrétisation d’un espace économique où s’articulent de manière intégrée les chaînes d’extraction, de transport, d’énergie, de transformation industrielle et de développement local, dans une architecture cohérente et interconnectée, renforçant la souveraineté nationale, garantissant la sécurité industrielle et améliorant la compétitivité de l’économie nationale, tout en contribuant à sa diversification”.
De son côté, Mme Tafer a affirmé que la mine de Gara Djebilet représente “la pierre angulaire” dans le processus de renforcement de la souveraineté économique du pays, soulignant que la décision du président de la République de lancer l’exploitation de ce gisement, parallèlement à l’achèvement de la ligne ferroviaire minière Tindouf-Béchar-Gara Djebilet, constitue un véritable tournant dans la valorisation des ressources minières nationales.
Ce projet ne se limite pas à l’extraction du minerai de fer, mais s’inscrit dans le cadre d’une vision de mise en place d’une chaîne de valeur industrielle intégrée englobant l’extraction, le traitement et la transformation, permettant ainsi de réduire les importations et de développer les exportations industrielles, a-t-elle ajouté.
Elle a également souligné que Gara Djebilet, ainsi que les installations industrielles qui y sont liées à Tindouf, Béchar et Naâma, sont à même d’opérer des transformations économiques et sociales importantes, à travers la réduction de la facture des importations et le renforcement des exportations, outre la création d’environ 24.000 emplois directs et indirects, ce qui “transformera la région du Grand Sud-Ouest en un pôle industriel majeur contribuant au soutien de la croissance économique nationale et au renforcement du développement régional”.
Intervenant lors de la conférence, le directeur du laboratoire de recherche en Génie minier à l’Ecole nationale polytechnique (ENP), Malek Ould Hammou, a indiqué que les études réalisées sur le projet confirment sa faisabilité technique, relevant que la teneur élevée du minerai de fer dans le gisement dépasse les moyennes requises au niveau mondial.
Pour la membre du CNESE, Zahra Bouras, ce projet dépasse, dans son ensemble, les modèles traditionnels des “corridors de transport” ou “corridors de ressources”, qui se limitaient auparavant à relier les zones de production aux seuls réseaux de transport.
Elle a précisé que l’approche adoptée dans le projet de Gara Djebilet repose sur le développement d’un corridor intégré reliant les sites d’extraction aux infrastructures de transport ainsi qu’aux zones de transformation.