Dans un récent article intitulé "Lomé sous contrôle sioniste: comment le Togo est devenu la tête de pont de l'expansionnisme régional", Algérie54 est allée faire la lumière sur les projets de l'entité sioniste, de faire du Togo, une base arrière pour son infiltration en Afrique, après avoir été chassée de l'Union Africaine. Dans un nouvel article, Algérie 54 ouvre ses colonnes au  président du Conseil d’État du gouvernement légitime du Togo en exil, Dr Edem Atsou Kwasi, panafricaniste de premier plan, connu pour la défense de la souveraineté de l'Afrique et du droit absolu de ses peuples à l'exploitation des richesses de leurs pays.

Algérie54 : Vous menez  le combat pour la souveraineté du Togo sur ses ressources naturelles. Quel est votre message en ce sens au peuple togolais?

 Dr Edem Atsou Kwasi: La Souveraineté intégrale du Togo (SITO) est au cœur du combat que mène le Gouvernement légitime du Togo en exil, issu de la victoire du 22 février 2020 de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), dépositaire unique de la Souveraineté du Peuple togolais.

La fraude documentaire transnationale, est rigoureusement documentée par l'ouvrage « Togo : la démocratie étouffée » de l'ancien Député Sébastien Nadot , membre de la Commission des Affaires Étrangères de l'Assemblée nationale française, démontre de façon édifiante la confiscation de la Souveraineté nationale du Togo.

Ce quintuple coup d'État — électoral, militaire, judiciaire, médiatique et diplomatique — a été opéré en violation flagrante du droit international public pour pousser à l'exil, jusqu'à son lâche assassinat le 3 mars 2024, du Président démocratiquement élu du Togo, SE Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo.

Conformément aux règles de continuité institutionnelle et de délibération du Conseil d'État et de la DMK, j'ai pris le relais au pied levé depuis lors en ma qualité de Président du Conseil d'État du Gouvernement légitime du Togo en exil pour porter le flambeau de la lutte souverainiste en vue de la libération du Togo pour sa Deuxième et Véritable Indépendance face aux prédateurs coalisés.

Le combat que nous menons s'inscrit strictement dans le cadre de la légalité internationale, s'adossant en particulier à la Résolution 1803 (XVII) de l'Assemblée générale de l'ONU du 14 décembre 1962 relative à la souveraineté permanente sur les richesses et ressources naturelles, ainsi qu'à l'Article 21 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP).

Les difficultés d'expression au niveau des instances internationales ne sont pas des fatalités, mais les conséquences directes d'un système multilatéral obsolète où les mécanismes de saisine sont verrouillés par des diplomaties d'influence au profit de cartels multinationaux. Notre stratégie consiste à briser ce verrou par des procédures juridiques d'exception et des mémorandums scientifiques inattaquables fondés sur le droit des peuples à l'autodétermination.

Algérie54 : Le défi évoqué lors de la communication de la DMK du 19 août 2026?

Dr Edem Atsou Kwasi:  La DMK, en sa qualité de mandataire légitime du Peuple Souverain face à l'incapacité juridique de l'autorité de fait à Lomé constatée par l'Arrêt N° ECW/CCJ/JUD/01/26 du 29 janvier 2026 de la Cour de Justice de la CEDEAO, a sollicité la haute attention du Bureau des Affaires Spatiales des Nations Unies (UNOOSA). Cette saisine vise l'examen urgent des alertes relatives aux infrastructures critiques liées au Mont Agou au Togo [6°52'N - 0°44'E], nœud géophysique stratégique et historique depuis la base de Kamina de 1914.

Lors de notre communication officielle du 19 août 2026, nous avons formalisé, sur le fondement de l'Article 34 du Chapitre VI de la Charte des Nations Unies, des requêtes conservatoires d'urgence, notamment l'activation d'une mission d'évaluation technique multidisciplinaire, ainsi que notre proposition souveraine de création d'une Zone Franche Géodynamique et spatiale(ZFGS) et d'un Centre Panafricain de Recherche Énergétique (CPRE).

La matérialisation de la doctrine SITO exige une triple rupture : avec la postcolonie, avec le système financier de la dette, et avec le système de contrôle énergétique fossile. Elle requiert la maîtrise d'énergies alternatives.

En vertu du principe immuable Ex injuria jus non oritur et de l'Arrêt CEDEAO du 29 janvier 2026, l'autorité de fait installée à Lomé est juridiquement fragilisée pour engager le sol, le sous-sol et les ressources orbitales du Togo. Tout contrat léonin est, selon nous, entaché de nullité. Le Gouvernement légitime en exil assume la continuité démocratique.

Algérie54 : La renaissance du panafricanisme face au nouvel ordre multipolaire?

 Dr Edem Atsou Kwasi: Nous n'assistons pas à une simple renaissance romantique du panafricanisme, mais à sa mutation doctrinale profonde. Le panafricanisme du XXIe siècle est un panafricanisme de rupture juridique et économique, qui trouve sa légitimité dans l'Acte Constitutif de l'Union Africaine, en particulier ses Articles 3 et 4.

C'est cette conscience qui a conduit le Président légitime du Togo, SE Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, à porter sur les fonts baptismaux, le 26 novembre 2022, l'Organisation Néopanafricaine de Souveraineté (ONS) pour une intégration continentale par le bas. Je salue à cet égard l'excellent travail abattu par le Président de l'ONS, M. Mabadi Ahmedali, et toute son équipe.

La multipolarité ne doit en aucun cas être un changement de tuteur, mais l'opportunité d'appliquer le principe de l'égalité souveraine des  États, inscrit à l'Article 2, paragraphe 1, de la Charte des Nations Unies. L'Afrique doit s'approprier l'Agenda 2063 de l'UA pour s'affirmer comme un pôle décisionnel autonome. C'est l'objet de la Refondation Éthique et Souveraine du Togo (REST).

Algérie54: Le Togo comme plaque tournante du redéploiement sécuritaire et technologique de l'entité sioniste?

 Dr Edem Atsou Kwasi: La relation entre le Togo et l'État d'Israël s'inscrira toujours dans le cadre des principes fondamentaux du droit international. Toutefois, le Conseil d'État constate que le déploiement non encadré de la diplomatie technologique et des protocoles de cybersécurité s'opère au prix d'un pillage des ressources de la Terre de nos Aïeux, maintenant nos populations dans une indicible misère. Cette détresse fait écho, sur le plan humanitaire, à la tragédie qui se déroule actuellement dans la bande de Gaza, situation majeure décriée par l'ONU.

Au-delà des impératifs éthiques, la lecture de la Présidence exécutive demeure strictement juridique et objective. Le problème fondamental ne réside pas dans l'existence d'un partenariat avec l'État d'Israël, mais bien dans l'opacité absolue et l'asymétrie structurelle de ces accords. Lorsqu'un traité de sécurité nationale ou de technologie de surveillance de masse est conclu en dehors de tout débat parlementaire, sans publication au Journal Officiel, et en l'absence de contrôle de constitutionnalité, il viole manifestement l'Article 21 de la CADHP.

La doctrine SITO est à cet égard inflexible : le Togo ne doit être la plaque tournante d'aucune puissance étrangère. La transition consacre

La dénonciation de la doctrine SITO ne vise pas l'État d'Israël en tant qu'entité constituée d'individus aspirant légitimement à un monde juste, à l'existence de la Palestine dans tous ses droits, et au respect du droit international. Le grief institutionnel porte sur l'instrumentalisation de la souveraineté des peuples au service d'agendas contraires à la Paix Universelle. La Convention de l'OUA de 1977 sur l'élimination du mercenariat en Afrique ainsi que l'Acte Constitutif de l'UA interdisent formellement qu'un appareil d'État ou ses fonctions régaliennes fassent l'objet d'une sous-traitance.

Concernant l'importation et l'usage des technologies de surveillance, l'exigence du gouvernement légitime est absolue : tout dispositif doit être en stricte conformité avec l'Article 17 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) et soumis au contrôle permanent du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme (HCDH).

Sur le fond, le Togo réaffirme le droit international public dans son équilibre fondamental : le droit de l'État d'Israël à la sécurité au sein de frontières sûres et reconnues (Résolution 242) et le droit inaliénable du peuple palestinien à l'autodétermination (Résolutions 1514 et 2334). La doctrine DAS exige cette double fidélité rigoureuse.

En vertu du principe Ex injuria jus non oritur, aucun accord secret, aucune concession et aucun traité léonin conclu par une autorité de fait dépourvue de légitimité constitutionnelle ne liera le Togo souverain de demain. Dès le rétablissement de l'ordre légitime, le gouvernement procédera à l'audit public intégral, à la déclassification et à la renégociation méthodique de tous les accords asymétriques, conformément aux principes de la Résolution 2625 (XXV).

Il est grand temps que cesse l'instrumentalisation de la souveraineté nationale en une foire d'empoigne où les intérêts impérialistes se croisent pour dépecer les nations africaines.

L'Afrique et ses Îles se doivent de se réveiller maintenant plus que jamais. Tel est l'enjeu central de la doctrine SITO et de la REST, dont le Livre Blanc vient d'être officiellement adopté le 29 août 2026 lors de l'Université d'été du Conseil d'État élargi au Gouvernement légitime du Togo en exil et à la direction de la DMK.

Entretien réalisé par M.Mehdi