Par Hanane Ben
Dans une tribune publiée dans le journal The Unz Review, le chroniqueur et consultant en sécurité américain, Philip Giraldi a rapporté de manière exhaustive la conférence du Ron Paul Institute qui se tient dans la région de Washington, au nord de la Virginie. Giraldi a décrit un enthousiasme qu'il a qualifié de rassemblement politique, en faveur d’une véritable révolution articulée autour des élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre. Les participants réclament la fin de la tutelle des lobbies pro-israéliens sur le gouvernement américain.
Philip Giraldi rend compte de la conférence annuelle du Ron Paul Institute organisée sous le thème « Au premier rang de la révolution ». Devant un public de 500 participants particulièrement enthousiastes, un panel d'intervenants composé de figures politiques et de commentateurs — dont Thomas Massie, Dennis Kucinich, Max Blumenthal ou Tucker Carlson — est venu dénoncer la dégradation des libertés fondamentales et l'affaiblissement de la souveraineté américaine à l'approche des élections de mi-mandat.
L'auteur rapporte une critique virulente de l'emprise exercée par Israël et son lobby intérieur, accusés d'avoir asservi la politique nationale, entraîné le pays dans des conflits armés injustifiés et restreint la liberté d'expression des citoyens, illustrant le concept de « la queue qui fait remuer le chien ».
Pour l'auteur, ce rassemblement constitue une tentative du peuple américain de restaurer sa République et une Constitution bafouée par le président Donald Trump et le Congrès. S'appuyant sur le discours d'adieu de George Washington de 1796, Giraldi rappelle les mises en garde historiques contre l'influence étrangère et les alliances passionnelles. Selon cette grille de lecture, la partialité envers une nation étrangère aveugle les dirigeants, façonne une diplomatie contraire aux intérêts nationaux et conduit à traiter les véritables patriotes en suspects, tandis que les agents d'intérêts étrangers trahissent le pays en toute impunité.
Philip Giraldi conclut son analyse en appelant les électeurs américains à se servir du processus électoral des élections de mi-mandat de novembre comme d’un levier de rupture. Selon lui, ce scrutin doit permettre de battre et d'évincer les candidats qui ne défendent pas sincèrement la doctrine de « l’Amérique d’abord ».
L'auteur s'en prend très vivement à la classe politique issue des deux principaux partis, accusant aussi bien les élus républicains que démocrates de servir les intérêts de l’entité sioniste et de son lobby au détriment de la souveraineté et de la Constitution américaines.
Dans sa charge contre le camp républicain, Giraldi cible en particulier des figures du « sionisme chrétien » comme Mike Johnson ou Ted Cruz, ainsi que le président Donald Trump. Ce dernier est dépeint comme un dirigeant influençable, soumis au génocidaire Benjamin Netanyahou, mû par la vengeance et prêt à employer la force nucléaire dans des conflits au Moyen-Orient, notamment contre l'Iran, pour favoriser le projet d'un « Grand Israël ». L'auteur estime qu'un changement de majorité au Congrès est indispensable pour brider ou éliminer son influence.
Giraldi affirme toutefois que le problème ne se limite pas aux républicains et dénonce l'hypocrisie de la direction démocrate. Il critique vivement Hillary Clinton, Joe Biden et le secrétaire d'État Antony Blinken, leur reprochant de se soucier davantage de l'image publique d'Israël et du contrôle de la couverture médiatique que des pertes humaines palestiniennes ou des violations des droits fondamentaux. Face à ce qu'il décrit comme un rachat agressif des médias par des soutiens financiers pro-israéliens, l'auteur formule l'espoir de voir émerger dans les urnes un puissant vote de rejet pour chasser cette élite du pouvoir et amorcer une véritable « révolution ».