Dr. Da-Ali
Décidément, il y a des individus, tels des roquets de cour, qui halètent sans cesse, qu’on les traque ou qu’on les ignore. Mais parfois, ils ne peuvent s’empêcher de remuer la queue au service de leurs maîtres de l’ombre : c’est leur nature. Ils écrivent sur commande, vendent leur plume, enrobant leurs mensonges dans un vernis de pseudo-littérature. Ils se prétendent libres penseurs, mais leurs phrases sentent la cage et leurs métaphores ont le goût amer des contrats confidentiels.
Et puis, même auréolé d’un prix Goncourt, que connaît donc ce « saint- imam » autoproclamé de l’islam ou de la doctrine chiite ? Rien !
Ce cheikh en période d’altération trouve un plaisir singulier à décrier, dans un article publié le 5 juillet 2026 dans Le Point et intitulé « La diplomatie coranique et le cadavre ambulant de Khamenei », les obsèques d’Ali Khamenei, sans même connaître le principe du martyre dans la doctrine chiite. Comme s’il révélait une découverte, il forge même l’expression « diplomatie des versets ».
Après tout, des obsèques restent des obsèques et chacun les fait comme il le veut. Mais en assimilant la lecture de versets coraniques à une prétendue « diplomatie des versets », il semble ignorer qu'il s’agit d'une pratique religieuse ordinaire lors des obsèques dans le monde musulman, indépendamment de toute mise en scène diplomatique. La critique perd alors en pertinence, faute de distinguer le rite de son instrumentalisation éventuelle.
Le sieur à la langue de bois n’a pas cité les versets coraniques réservés aux délégations de la Russie, la Chine, l’Inde et autres pays non musulmans ; peut-être par omission ! L’honnêteté intellectuelle oblige une certaine correction, sans aller plus loin en interprétant des versets coraniques aux fins de plaire aux maitres.
Le nouveau cheikh n’en est pas à sa première démonstration. Dans ce théâtre politico-médiatique, le crypto-mercenaire ne tient pas le premier rôle ; il se contente d’amplifier un discours déjà écrit, persuadé que la répétition finira par tenir lieu de preuve.
Il avait déjà développé ce raisonnement le 1er juillet 2026 dans un article « Et si l’IA réformait (enfin) l’islam ? », comme toujours à l’hebdomadaire Le Point, où il affirme que « l’IA pourrait rendre le Coran accessible à tous » en la précédant de la formule « Comme Luther et Tyndale ont arraché la Bible aux clercs ».
Mais si on s’attache à la langue des donneurs de la nationalité, on oublie que chaque langue, dont l’arabe a ses spécificités, et chaque religion a ses écrits. L’analogie est séduisante sur le plan rhétorique, mais elle devient trompeuse dès lors qu’elle ignore les différences fondamentales entre la théologie chrétienne et la théologie musulmane. C’est précisément là que la comparaison avec Luther cesse d’être pertinente.
Dans ce cadre je cite le résumé de la réponse du Père Henri de la Hougue, enseignant à l’Institut de science et de théologie des religions (Institut catholique de Paris) dans un article du 14 mai 2021, dans le quotidien La Croix :
-
Selon le Père Henri, « « La perfection du Coran incréé est la garantie de la rencontre réelle avec le Créateur dont la parole vient "descendre" auprès de celui qui prie de la même manière qu’elle est "descendue" auprès de Mohamed ». Donc, le Coran est une Révélation, la parole directe et littérale de Dieu, dictée au prophète Mohamed en langue arabe.
-
Si la Bible est un texte sacré, elle n’a pas le même statut théologique que le Coran. Pour le père Henri « Jésus…, dont les disciples ont pu dire de lui qu’il était la Parole de Dieu faite chair » , dont les paroles et les actions ont été reprises et transmises par ses disciples ou leurs proches et rédigées par les évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean, considérés de gardiens de la mémoire de l’Église primitive, transformant une tradition orale vivante et diverse en un texte écrit fixe et universel.
C’est ainsi que le « bounioul » naturalisé, devenu plus gaulois que les Gaulois par le langage qu’il adopte, revient distribuer des leçons sur le Coran comme un cheikh en formation, oubliant que l’assurance n’est pas une preuve de compétence.
Il est partout : de manœuvre à chroniqueur, d’historien à sociologue et d’apprenti à un érudit comme le cheikh Hassen Chalghoumi. Tour à tour détective de pacotille, il empile les casquettes sans jamais creuser dans son histoire.
Revenons aux obsèques. Lui, le minuscule-Daoud, comme ceux qui le soutiennent et qui lui ont offert la nationalité ne pourraient connaitre de telles obsèques. Même le président Trump ne s’est pas retenu pour dire « I thought people hated him » (Je croyais que les gens le détestaient). Toujours chialeux, il se plaint le pauvre que « Le Chah Mohammad Reza Pahlavi, lui, est mort en exil au Caire en 1980 et n’a eu droit qu’à des obsèques discrètes en terre étrangère ».
Sans connaitre le chiisme, les Perses et les Azéris, ce crypto-mercenaire n’a pas besoin qu’on lui donne un ordre pour s’exécuter ; il a appris à devancer le désir de ses commanditaires, comme un roquet qui devine le geste de la main avant même que la laisse ne se tende. Il halète quand même, car sa survie dépend de cette respiration artificielle, celle qui gonfle les poumons des scribes à gages et engraisse les poches des escrocs intellectuels. Les nuages politiques passent, les vents changent, mais lui reste là, haletant, fidèle non pas à la vérité, mais à celui qui tient la gamelle… avec, en prime, une nation-alité et un passe-pores soigneusement estampillés.
Le Sieur Da-Wood n’écrit pas, il exécute une prestation. Ses chroniques ressemblent moins à un travail de réflexion qu’à un cahier des charges : la conclusion semble arrêtée avant même que l’argumentation ne commence.
Le vent soufflera pourtant, emportant cette baraque de dupes. Une roue de secours intellectuelle ne sert que tant que le véhicule poursuit la même route ; lorsque la direction change, elle retourne au coffre avec les accessoires devenus inutiles. Les polémistes de circonstance finissent presque toujours de la même manière : applaudis tant qu'ils sont utiles, puis relégués dans l'oubli lorsque leurs commanditaires n'ont plus besoin d'eux. Le colonel Ben Daoud en est un précédent.