La famille du défenseur des droits humains et prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari a lancé, ce mercredi un appel urgent à la communauté internationale après la rupture de tout contact avec lui depuis le 13 juillet, alors qu'il observe une grève de la faim illimitée depuis le 8 juin à la prison de Kénitra, au Maroc.
 
Dans un communiqué envoyé à notre rédaction, la famille fait part de sa « profonde inquiétude » face au silence des autorités pénitentiaires marocaines. Malgré de nombreuses démarches entreprises auprès de l'administration de la prison pour obtenir des informations sur son état de santé et les raisons de cette interruption de communication, aucune réponse ne lui a été fournie.
 
Naâma Asfari est également privé de son droit de communiquer avec ses proches par téléphone, un droit dont il bénéficiait jusque-là.
 
La famille estime que cette privation de contact, dans le contexte d'une grève de la faim prolongée, fait peser de sérieuses menaces sur sa santé, son intégrité physique et sa vie. 
 
Elle tient les autorités marocaines pour pleinement responsables de toute dégradation de son état de santé ou de toute atteinte à son intégrité physique.
 
Face à cette situation, la famille appelle les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les mécanismes des Nations Unies, notamment le Comité contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire, ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à intervenir de toute urgence afin de garantir la sécurité de Naâma Asfari et d'obtenir une réponse à ses revendications.
 
Sa famille est habituée à ce genre d'agissements de la part des autorités marocaines. L'épouse d'Asfari, la Française Claude Mangin, a été expulsée du pays à plusieurs reprises et empêchée de lui rendre visite, malgré l'organisation de manifestations, de marches et de Sit-in pour sensibiliser l'opinion publique à sa cause. Cependant, la situation de son mari est aujourd'hui critique. Au cours de ces 45 jours de protestation, sa santé s'est dégradée au point que sa famille craint pour sa vie.
 
La famille de Naâma Asfari rappelle que le dossier de Naâma Asfari a déjà donné lieu à plusieurs décisions d'instances onusiennes. Le Comité contre la torture a conclu qu'il avait été victime de torture et de mauvais traitements et a demandé aux autorités marocaines de lui accorder réparation et de garantir ses droits.
 
De son côté, le Groupe de travail sur la détention arbitraire a considéré que sa privation de liberté était arbitraire et a appelé à sa libération ainsi qu'à l'octroi d'une réparation conforme au droit international.
 
Estimant que son état de santé pourrait connaître une évolution irréversible, la famille exhorte la communauté internationale à agir sans délai pour préserver sa vie et faire respecter ses droits fondamentaux, conformément aux obligations internationales du Royaume du Maroc.
 
Rasha Selmi