La politique, c’est l’amour de la patrie et rien de plus 🇩🇿

May 16, 2026

NA

A la une, Contribution, Économie

ACTUALITES, TRIBUNE

L’effet d’annonce de la relance du projet H2Med et les manœuvres françaises visant le projet du gazoduc SoutH2Corridor

En pleine turbulence énergétique mondiale, liée à la fermeture du Détroit d'Ormuz, conséquence de la guerre américano-sioniste contre l'Iran engendrant des fluctuations sur les prix des produits du pétrole et du gaz: la concrétisation du projet le H2Med, le gazoduc prévu il y a plusieurs années pour relier la péninsule Ibérique au reste de l'Europe, mais qui se heurta au niet français dont la doctrine énergétique demeure le nucléaire au lieu de l'hydrogène vert.

En pleine turbulence énergétique mondiale, liée à la fermeture du Détroit d’Ormuz, conséquence de la guerre américano- sioniste contre l’Iran engendrant des fluctuations sur les prix des produits du pétrole et du gaz: la concrétisation du projet le H2Med, le gazoduc prévu il y a plusieurs années pour relier la péninsule Ibérique au reste de l’Europe, mais qui se heurta au niet français dont la doctrine énergétique demeure le nucléaire au lieu de l’hydrogène vert.

Aujourd’hui, on assiste à un coup de théâtre dont l’objectif n’est pas uniquement de surmonter les préoccupations en matière de sécurité énergétique, mais de concurrencer le futur mégaprojet du gazoduc SoutH2Corridor , reliant l’Algérie à l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.

Et comme en politique, il n’y a pas de fumée sans feu, il est légitime de s’interroger sur le timing de cette sortie du PDG de Hy24, Pierre -Étienne Franc qui met la pression sur le gouvernement français pour relancer le projet de H2Med, et mettre un terme aux réticences pour sa concrétisation. Comme l’a révélé le journal espagnol El Confidencial, dans son édition de ce samedi 16 mai, le PDG de Hy24 se montre très optimiste quant à l’avenir de cette entreprise après l’acquisition de 80 % de l’entreprise espagnole Enagás Renovable.Il assure mettre tout en œuvre pour faciliter un accord entre l’Espagne et la France.

Une annonce qui coïncide avec faisant état d’une rencontre au sommet des dirigeants algérien et espagnol, dans les prochains jours ainsi qu’une visite d’Etat du président de la république Abdelmadjid Tebboune en Allemagne le 16 juillet prochain, dont la question de la sécurité énergétique sera au centre des discussions entre Alger et Madrid d’une part et Alger-Berlin d’autre part, sachant que l’Algérie est considérée comme un partenaire fiable par ses pairs européens, malgré la propagande néocoloniale et sioniste qui passe leur temps à ternir l’image d’un pays qui n’a jamais utilisé l’armé énergétique pour faire pression sur ses partenaires.

« Nous travaillons activement avec le gouvernement français, car importer de l’hydrogène lui permettrait d’éviter de consacrer entre 3 et 4 gigawatts (GW) d’énergie nucléaire à sa production et faciliterait l’intégration des énergies renouvelables au réseau électrique français », a expliqué Pierre-Étienne Franc à El Confidencial. « Importer serait plus rentable. C’est une solution avantageuse pour l’Espagne, la France et l’Europe », a-t-il ajouté.

 La création d’une infrastructure reliant l’Espagne à la France, à l’Allemagne et à l’Italie est le seul moyen de tirer pleinement parti du leadership espagnol en matière de zéro émission, dira Pierre-Étienne Franc .

Dans ce contexte, le corridor H2Med devient la pièce maîtresse de leur stratégie d’investissement. Leurs prévisions indiquent que la construction débutera entre 2030 et 2032 , car ils sont convaincus que les politiques espagnoles et françaises s’harmoniseront enfin après une relation énergétique historiquement instable.

L’investissement de Pierre-Etienne Franc en Espagne, aux côtés d’Enagas Renovable, (une filiale de la société espagnole Enagas, pour l’hydrogène vert) est sans doute le plus ambitieux du secteur. Le fonds, via son Clean Hydrogen Infrastructure Fund, détenait une participation de 30 % dans Enagás Renovable depuis 2022 et a annoncé le 21 avril qu’il portait sa participation à 80 % après avoir conclu un accord avec Enagás, Navantia et Pontegadea (Amancio Ortega).

Par ailleurs, la société espagnole a conclu en avril dernier, un accord pour acquérir une participation de 31,5 % dans la société française Teréga auprès du fonds souverain singapourien GIC, pour un montant de 573 millions d’euros, a-t-elle informé la Commission nationale du marché des valeurs mobilières (CNMV) espagnole. Teréga est le deuxième opérateur du réseau de transport et de stockage de gaz naturel en France , opérant dans le sud-ouest du pays. 

 Son réseau s’étend sur environ 5 100 kilomètres de gazoducs et comprend deux installations de stockage souterraines, représentant approximativement 16 % du réseau français de transport de gaz . Grâce à cette acquisition, 
Enagás devient le deuxième actionnaire de Terega , le deuxième opérateur gazier français, derrière Snam (40,5 %) et devant EDF (18 %) et Crédit Agricole (10 %). Enagás apporte ainsi une perspective industrielle et européenne qui complète celle de Snam.Le réseau de Teréga  est connecté à celui d’Enagás par deux liaisons internationales. De plus, l’investissement de l’entreprise française renforce l’alliance dans des projets tels que H2Med et BarMar, le gazoduc reliant l’Espagne à la France.

« L’Espagne est le meilleur pays d’Europe pour ce développement grâce à ses ressources et à sa sécurité juridique. » assure le PDG de Hy 24. Sur ce registre, il ne cache pas ses relations industrielles avec les géants énergétiques espagnols tels que Moeve et Repsol .Son portefeuille d’investissements vise 5 milliards d’euros, l’hydrogène étant au cœur de ses préoccupations, contrairement au biométhane, dont l’importance est bien moindre. Sur ce montant, environ 2 milliards d’euros sont déjà en phase de décision imminente, tandis que 3 milliards d’euros supplémentaires pourraient être approuvés dans les deux prochaines années.

« Si tout cela se concrétise, ce sera le plus gros investissement de notre fonds. L’Espagne est le meilleur pays d’Europe pour ce développement grâce à ses ressources et à sa sécurité juridique », explique Pierre- Etienne Franc.

Effet d’annonce pour empiéter sur le mégaprojet du gazoduc SoutH2Corridor

La sortie du français et PDG du Hy 24, dans un organe médiatique ibérique est loin d’être innocente, dont le dessein est lié à une manœuvre d’empiètement sur le mégaprojet du gazoduc SoutH2Corridor, reliant l’Algérie à l’Italie, l’Autrice et l’Allemagne. Cette dernière est de plus en plus enthousiasmée par sa concrétisation pour faire face aux menaces pesant sur des secteurs de la chimie industrielle, très dépendante de l’énergie et des chaînes d’approvisionnement en provenance du Qatar et autres pays du Golfe, très affectés par la fermeture du Détroit d’Ormuz et des dégâts subis par leurs installations pétrolières et gazières dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient. L’Allemagne en froid et en plein divorce avec son partenaire français et très proche de l’Italie, s’apprête à diminuer sa dépendance à l’égard de la doctrine nucléaire imposée par la France, pour se tourner vers l’hydrogène vert.

C’st dans ce cadre, que les ministres de l’énergie de l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche avaient signé en 2023, une lettre conjointe de soutien politique au développement du gazoduc SoutH2Corridor , un tube de 3 300 kilomètres préparé pour le transport de l’hydrogène et qui devrait être le principal moyen de transport réseau en Europe. Le SoutH2Corridor, long de 3000 km devra transporter deux fois plus de tonnes d’hydrogène que le H2Med. Il sera opérationnel avant 2030. (Lire: L’Italie, l’Allemagne et l’Autriche, favorables pour la réalisation du gazoduc SoutH2Corridor)

Lors de cette joute, les gestionnaires de réseau de transport (GRT) de ces territoires, l’italien Snam , les autrichiens TAG et GCA et les allemands Bayernets, avaient élaboré une feuille de route, concernant la mise en œuvre du projet  gazoduc SoutH2Corridor  .

Ils se sont prononcés en faveur de l’alignement politique pour le développement du gazoduc qui reliera l’Algérie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne pour le transport de l’hydrogène. Ils avaient prévu sa mise en œuvre avant 2030. Il aura une capacité de quatre millions de tonnes d’hydrogène par an , soit l’équivalent de 133,2 TWh/an. Deux fois plus que celui que transportera le H2Med, estimée à environ deux millions de tonnes.

L’Allemagne parie gros sur l’Algérie, sachant que les deux pays avaient signé un protocole d’accord fin 2022 pour la construction de la première usine d’hydrogène en Algérie. L’accord avait été signé entre Sonatrach , et la compagnie gazière allemande VNG AG . La centrale pourrait avoir une capacité de production de 50 mégawatts.

Le tracé du futur gazoduc. | Source : South2Corridor

Il convient de rappeler que, lors d’un événement appelé ‘ Decarbonization Pathway-HyAccelerator Day 2023 ‘, le projet SoutH2Corridor était présenté à Munich (Allemagne). Il avait reçu la même qualification que le pipeline H2Med avait reçu des mois auparavant : “Une colonne vertébrale pour soutenir la création d’un marché de l’hydrogène intégré et interconnecté dans l’UE.” La table ronde a réuni des acteurs clés d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne représentant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, depuis la production, le transport et l’extraction. Au cours de la conférence, un appel à l’action avait été lancé aux gouvernements, aux régulateurs et aux institutions financières pour permettre le développement d’un futur gazoduc.

« Cet événement est le résultat des mois de travail acharné et il est à la fois important et satisfaisant de voir un tel engagement et des intérêts alignés. Nous avons un plan de suivi concret pour le projet du Corridor SoutH2 avec lequel nous allons aller de l’avant . Ensemble, nous faisons bouger les choses”, avait alors déclaré Piero Ercoli, vice-président de l’unité des projets de décarbonisation de l’entreprise italienne publique Snam.

H2Med a commencé fort avec une grande intégrité entre tous les pays impliqués, mais les premières fissures se sont rapidement apparues. Elles sont liées à la confrontation entre l’Espagne et la France sur la couleur du gaz à transporter : vert (produit par l’énergie éolienne et solaire) ou rose (grâce au nucléaire). 

Une crise qui n’a pas été surmontée. D’autre part, il avait été annoncé qu’il serait capable de transporter 10 % de la consommation d’hydrogène de l’UE d’ici 2030. Le coût du projet était estimé à environ 2 500 millions d’euros. Cependant, Enagás est allé plus loin et avait estimé l’investissement total à environ 7 000 millions d’euros.

Lire aussi: Gaz: le partenariat algéro-italien et l’axe Paris-Madrid-Berlin

Partager cet article sur :

Articles similaires