Les Emirats arabes unis ne se limitent plus à investir leurs fonds dans des institutions ou entreprises marocaines, mais vont plus loin en prenant leur contrôle et en dirigeant leurs orientations, comme c'est le cas après la pénétration du capital émirati au sein des institutions médiatiques marocaines et son emprise sur les rouages du quatrième pouvoir, faisant de ce dernier un outil orienté pour ternir l'image de pays, dont l'Algérie. 

Les Emirats ont eu recours au "recrutement" des médias marocains pour imposer leur influence en Afrique et semer le chaos dans les pays arabes, allant ainsi bien au-delà de l'affirmation de leur présence par de simples investissements commerciaux.

Ils injectent leurs capitaux pour contrôler le paysage médiatique au Maroc, l'utilisant comme un moyen pour étendre leur influence -avec la complicité de leur allié, l'entité sioniste- en Afrique et dans les pays du Sahel, et l'orientant afin de façonner un discours médiatique hostile à l'Algérie sur des dossiers régionaux sensibles.

Les Emirats détiennent 53 % des actions du groupe Maroc Telecom, la plus grande entreprise de télécommunications du pays. 

Cela leur a permis d'influencer l'infrastructure numérique et médiatique, en injectant 4,4 milliards de dirhams (403 millions d'euros) pour la période 2025-2028 en vue de développer les réseaux de fibre optique et de la 5G.

Abou Dhabi a désormais un accès indirect au contenu médiatique numérique diffusé via les réseaux sociaux, plusieurs rapports médiatiques ayant indiqué que les Emirats avaient alloué 15 millions d'euros au Maroc en 2023, juste pour financer des campagnes médiatiques ou publicitaires.

Ces fonds ont été utilisés dans plusieurs affaires notamment pour faire la propagande de récits politiques visant à ternir l'image de l'Algérie au niveau régional. 

Il n'y a rien d'étonnant à ce que les Emirats soient derrière l'intox diffusée par des chaines de télévision marocaines contre l'Algérie, dont celle qui a ouvert son capital en 2014 à deux entreprises émiraties opérant dans le secteur de l'information et de l'investissement.

La restructuration du capital de cette même chaine avec la contribution des deux entreprises émiraties a été à l'origine de l'augmentation importante, voire considérable, de son capital, tel que documenté dans la base de données de "Media Ownership Monitor Morocco", la partie émiratie détenant la plus grande part du capital.

Ainsi, Abou Dhabi est désormais la partie qui contrôle la ligne éditoriale de la chaine engagée à redorer l'image de cette dernière, en se livrant à une bataille de récits régionaux visant à ternir l'image d'autres pays, à leur tête l'Algérie et à entraver l'accès des peuples opprimés à leur indépendance, à l'instar des peuples, sahraoui et palestinien.

Il en va de même pour les sites marocains à vocation propagandiste, qui en sont arrivés à un tel degré de faillite professionnelle et d’éloignement de l’éthique professionnelle qu’ils ne sauraient être dissociés de l’argent émirati "sale", utilisé pour déstabiliser les Etats et compromettre leur paix et stabilité.

Ces sites se sont ainsi transformés en porte-voix "vociférants" au service des Emirats et dirigés contre l’Algérie, à travers la diffusion de fausses informations, d’accusations fabriquées de toutes pièces et de rapports erronés, tout en s’employant à redorer l’image d’Abou Dhabi. 

Les Emirats ne se sont pas contentés d'investir directement dans les médias traditionnels et numériques, mais ont également investi "l’espace bleu marocain" via les différentes plateformes de réseaux sociaux, en tant qu’instrument émirati indirect utilisé dans la guerre médiatique mondiale visant à diffuser des récits destinés à ternir l’image de l’Algérie.

Pis encore, Abou Dhabi est allé jusqu’à financer des pages et des influenceurs marocains pour diffuser des contenus critiquant l’Algérie, utilisant ainsi des comptes fictifs ou des réseaux d’interaction avec le contenu marocain pour les orienter contre l’Algérie, notamment en période de crises diplomatiques, tout en faisant la promotion des alliances Emirats-Maroc-entité sioniste et en les présentant comme une option stratégique.