Par Hanane Ben
Le journaliste espagnole, Ignacio Cembrero, a révélé, sur son compte X, qu’un contingent avancé des Forces armées royales du Maroc est arrivé au quartier général américain de Kiryat Gat, dans le sud de l’entité sioniste, pour s'intégrer, dit-on, à la Force internationale de stabilisation qui sera déployée à Gaza.
En effet, un premier détachement d'officiers de planification marocains est arrivé le 18 juin 2026 au quartier général de la Force internationale de stabilisation. Ils ont pris leurs quartiers sur la base de Kiryat Gat, et selon les informations, il s'agit d'un groupe restreint d'officiers supérieurs dont la mission immédiate est de maintenir l'ordre, avant un déploiement plus large sur le terrain à Gaza. La grande question qui se pose est si ce contingent de militaires marocains est sur place pour protéger la population gazaouie où plutôt pour la mâter ?
L’objectif affiché de la Force internationale de stabilisation est celui de permettre une transition vers un Etat palestinien viable en garantissant la sécurité des populations civiles, la libre circulation de l'aide humanitaire et le retrait progressif des forces israéliennes, afin de rétablir une gouvernance locale stable et souveraine.
Seulement, nul n’est dupe quant à la véritable mission de ces militaires marocains : prendre le relais de l’armée sioniste. Se sont des forces de substitution, une manière pour l’entité sioniste et ses alliés de sous-traiter la « sécurité d’Israël » à des armées arabes, en leur faisant porter la responsabilité de la gestion d'une population traumatisée et en ruine.
On ne peut pas séparer ce déploiement militaire du contexte global des relations entre le Maroc et l’entité sioniste et l’arrivée de ce contingent à Kiryat Gat n’est ni neutre ni impartial. Cette proximité fait craindre que Rabat n'agisse, volontairement, en phase avec les « intérêts sécuritaires » de l'État hébreu.
Le Maroc est le premier pays arabe à avoir officialisé son engagement à envoyer des troupes et des policiers dans le cadre du plan de paix soutenu par l'administration Trump. Le royaume se cache derrière sa présidence du Comité Al-Qods, censé défendre les droits des Palestiniens et de Jérusalem, mais maintient son alliance stratégique et militaire avec l’entité sioniste, notamment pour obtenir le soutien américain sur le dossier du Sahara Occidental.
L’universitaire marocain Mohamed El-Batiwi avait déjà soutenu que 4 000 militaires marocains sont impliqués dans les attaques contre les civils à Gaza. D'après lui, les accords de normalisation entre Rabat et Tel-Aviv imposent une coopération militaire qui oblige le Makhzen à mettre des troupes à disposition de l’armée israélienne. Il avait affirmé notamment que Tel-Aviv a exigé cet engagement militaire marocain dès le lendemain du 7 octobre.
Il avait affirmé également que, dès avant le 7 octobre 2023, des agents secrets marocains étaient infiltrés à Gaza pour espionner la résistance et mener des sabotages, ajoutant que plusieurs d'entre eux ont été arrêtés par le Hamas.
En novembre 2023, le journaliste marocain, Ali Lmrabet avait, lui aussi, révélé que des Marocains participaient aux crimes contre l’humanité aux côtés de l’armée israélienne à Gaza. Le journaliste exilé avait indiqué que des dizaines d’entre eux avaient été tués ou faits prisonniers par la résistance palestinienne. Une information confirmée par le journal espagnol El-Mundo. Ce dernier a fait état de la présence de mercenaires marocains recrutés par le régime nazi de Tel-Aviv pour appuyer l’armée sioniste.
Le journal espagnol a fait savoir que « le recrutement de ces mercenaires et leur envoi sur le terrain des opérations se fait par le biais de la société Black Shield.
«C’est pour cette raison, d’ailleurs, que le Maroc avait renoué, d’une manière rapide, avec Israël. Il n’y a qu’à lire la presse marocaine qui parle de la facture des importations marocaines en provenance de l’Etat hébreu, qui frôle les 400 millions de dollars. Il y a une politique de rapprochement très apparente entre les deux pays», faisait constater l’actuel conseiller diplomatique du président Brahim Ghali, qui précisait que «les militaires israéliens les plus extrémistes sont des séfarades marocains».
Le recrutement de ces mercenaires et leur envoi sur le terrain des opérations se fait par le biais de la société Black Shield, a fait savoir le journal espagnol El-Mundo, une entreprise spécialisée dans la sécurité privée et de gardiennage qui forme et emploie «des agents de sécurité, des conducteurs de chien, des agents de sûreté et d’autres profils». Black Shield se considère comme «l’une des principales entreprises en matière de sécurité».