Les laboratoires mobiles d’analyse de la qualité des produits importés, mis en service récemment au niveau des ports algériens, ont permis de renforcer considérablement le dispositif de contrôle et de protection de la santé du consommateur et contribuer efficacement à la réduction des délais de traitement des marchandises afin de faciliter l’approvisionnement du marché national.
Opérationnels depuis novembre dernier, les huit laboratoires mobiles installés au niveau des ports commerciaux assurent aujourd’hui un service permanent en matière de contrôle des produits importés, en améliorant les opérations d’analyses sur le terrain des produits, notamment en matière de délais qui se font désormais en temps réel, permettent aux inspecteurs de commerce de prendre des décisions immédiates concernant le processus accès au marché de ces marchandises.
L’apport et le rôle de ces équipements ont été soulignés samedi lors d’une visite au profit de la presse nationale, organisée par le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, au niveau du port d’Alger, à la veille de la célébration de la Journée mondiale des droits des consommateurs, coïncidant avec le 15 mars de chaque année.
Ces laboratoires acquis sur instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dans l’objectif de renforcer l’action de contrôle des produits sur le terrain, ont été déployés, dans les ports d’Alger, d’Annaba, de Skikda, de Jijel, de Bejaia, de Mostaganem, d’Oran et de Ghazaouet et confiés au Centre algérien de contrôle de la qualité et de l’emballage (CACQE), établissement relevant du ministère du Commerce intérieur et la Régulation du marché national.
A cette occasion, le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère, Mohamed Mezghache, a expliqué que “la mission principale de ces laboratoires consiste en la vérification de la conformité des produits aux normes et caractéristiques techniques, selon la législation en vigueur, et ce, dans le cadre de la protection de la santé et de la sécurité des consommateurs, ainsi que pour contribuer efficacement au dédouanement des conteneurs dans les ports dans des délais très courts”.
Dotés d’équipements de pointe, ces laboratoires installés dans des véhicules utilitaires léger adaptés, de fabrication locale, pour analyser les produits importés et vérifier leur qualité, permettent de lutter efficacement contre les produits non conformes ou frauduleux avant leur entrée dans le marché, souligne le responsable du ministère en précisant que leurs missions sont menées en collaboration avec des inspecteurs du commerce qui prélèvent des échantillons de produits et en coordination avec les services des douanes et des autorités portuaires.
Il s’agit d’effectuer des analyses microbiologiques et physico chimiques détaillées des produits notamment des agroalimentaires, avant leur sortie des enceintes portuaires, a-t-il mentionné, tout en mettant en avant les gains de temps obtenus grâce à la mise en place de ses moyens. Ce type d’analyse se faisait auparavant au niveau des laboratoires fixes dans les structures du secteur et nécessitait des procédures plus complexes et des délais longs.
“Le ministère dispose aujourd’hui des outils de contrôle de qualité au niveau des postes frontaliers qui peuvent répondre aux sollicitations des autres services et opérateurs, notamment les douanes et les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement”, a-t-il fait valoir.
Le même responsable a ajouté que grâce à ces nouveaux équipements, les services du ministère peuvent aussi prendre en charge les analyses des produits au niveau des marchés locaux, à travers des inspecteurs de commerce qui prélèvent des échantillons en vue d’une analyse instantanée.
De son côté, le chef du projet chargé d’acquisition de ces laboratoires, Mohamed Khelifa, a indiqué que la mise en service de ces laboratoires a permis de faire un “saut qualitatif en matière d’analyses microbiologique des produits importés, en réduisant les délais qui passent de plusieurs jours à quelques minutes”.
A ce propos, il a cité l’exemple du contrôle de l’importation de la poudre de lait destiné pour le lait industriel ou le lait pour enfant, qui exigeait auparavant un délai minimum de cinq jours pour la vérification de sa conformité, réduit désormais à laps de temps très court.
Les ingénieurs mobilisés pour les opérations de contrôle veillent notamment sur la composition de cette poudre en matière de protéines, de matières grasses, d’acidité et d’humidité. Ces laboratoires examinent aussi, selon M. Khelifa, sur les produits “Hallal” notamment par la détection de l’usage des matières d’origines porcines ou alcooliques dans les produits alimentaires.
“Grâce à ces équipements, on peut connaître ainsi les aspects microbiologiques détaillés des produits importés, connaître le niveau des résidus de pesticides et les matières naturelles des produits. C’est une première pour le pays de réaliser ce type d’analyses sur le terrain dans un délai rapide sur des échantillons au niveau des ports et postes frontaliers”, a-t-il relevé, assurant que les compétences algériennes de haut niveau ont été formés dans ce domaine avec des partenaires internationaux.
L’objectif visé à travers ces laboratoires demeure la protection du consommateur de tous les dangers alimentaires et de faciliter le traitement des dossiers d’importation des opérateurs économiques dans un délai très court, a-t-il par ailleurs assuré, tout en soulignant que “le grand mérite dans la réalisation de ce projet revient au président de la République qui avait décidé de mettre en place des équipements à la disposition du secteur pour veiller sur la qualité et normes des produits importés”.