Par Hanane Ben
Un autre crime de guerre d'une lâcheté absolue est passé sous silence au milieu du mois de juin 2026. L'armée génocidaire sioniste a disséminé au sud-Liban des explosifs dissimulés dans des jouets, une horreur rapportée par le journal Al-Nahar mais étouffée à l'international. Cette stratégie de la perfidie n'a rien de nouveau : documentée dès 1997 et dénoncée par le Liban à l'ONU en 1999, elle a récemment été réitérée à Gaza, où des boîtes de conserve piégées ont mutilé de pauvres enfants affamés.
Face à cette menace mortelle, l'UNICEF Liban a dû diffuser en urgence une vidéo d'alerte pour ordonner à la population de fuir ces objets brillants et attractifs. Conçus méticuleusement pour piéger et mutiler les plus jeunes, ces engins de mort prennent aujourd'hui la forme d'un ballon de football, exploitant l'engouement de la Coupe du monde pour transformer le jeu des enfants en carnage.
Sur le terrain, la terreur s'est installée dans les cours de récréation et les ruelles du sud-Liban. Désormais, chaque objet du quotidien devient une menace de mort potentielle, privant les enfants de leur droit le plus élémentaire : celui de jouer sans craindre de sauter sur une mine. Le traumatisme psychologique imposé à toute une génération s'avère aussi destructeur que les éclats de ces bombes miniatures.
Ce cynisme s'appuie sur une stratégie éprouvée et documentée de longue date. Dès avril 1997, une dépêche de l'AFP reprise par le quotidien L’Orient-Le Jour décrivait déjà l'horreur de ces méthodes : la jeune Mariam Boustani, 9 ans, amputée d'une main par une jeep en plastique piégée, ou encore Khadijé Mouzannar, 12 ans, mortellement touchée après avoir naïvement crié « J’ai trouvé une poupée ! ». En 2007, le magazine américain Time enfonçait le clou avec une enquête sans équivoque intitulée Les « jouets » qui tuent au Liban.
Les archives diplomatiques ne laissent d'ailleurs place à aucun doute : le 29 septembre 2000, un mémorandum officiel présenté par le ministère britannique des Affaires étrangères devant la Chambre des communes confirmait explicitement la réalité de ces pratiques. Face à de telles preuves d'État, les tentatives de minimisation de certains médias occidentaux s'effondrent.
« Les engins explosifs non explosés demeurent un problème dans l'ensemble du Liban. Les morts et les blessés continuent de s'accumuler, les victimes étant frappées par des mines, des obus, des bombes israéliennes à sous-munitions non explosées ou même des jouets piégés, qui auraient été largués par l'aviation israélienne à proximité de villages libanais jouxtant la prétendue zone de sécurité », a confirmé le rapport britannique.
L'histoire est la même à Gaza avec une violence démultipliée. Un rapport du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, publié le 18 juin 2026 et intitulé « L'essence même de l'enfance a été détruite », documente formellement cette récidive. Le document onusien dénonce le ciblage délibéré des enfants palestiniens par l'armée sioniste dans les territoires occupés depuis le 7 octobre 2023. De la mutilation d'enfants affamés par des boîtes de conserve piégées aux bombes déguisées en jouets, cette stratégie destructrice franchit un nouveau palier sous le regard complice de la communauté internationale.
« Dans un cas documenté par la Commission, le 24 octobre 2025, des jumeaux de sept ans, une fille et un garçon, ont été grièvement blessés par un engin explosif non explosé après l'avoir pris pour un jouet près de leur domicile, dans la ville de Gaza. Les deux enfants ont été admis à l'hôpital Al-Shifa, où la main droite du garçon a dû être amputée, tandis que la fillette a subi une fracture à la jambe, faisant craindre qu'elle ne doive également être amputée. Un médecin a qualifié leurs blessures de potentiellement mortelles », a indiqué le rapport de l’ONU.
Cibler délibérément l'innocence et la faim dépasse le cadre de la simple stratégie militaire : c'est une faillite morale absolue. Qu'il s'agisse de leurrer des enfants affamés avec de la nourriture à Gaza ou de piéger des ballons de football au Liban, cette tactique démontre une volonté sadique de détruire l'avenir même de ces populations, sous les yeux d'un monde qui regarde ailleurs. Jusqu'à quand le droit international restera-t-il muet face à des crimes de guerre aussi flagrants ?