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ANALYSE, TRIBUNE

Les Français n’auront certes pas un gouvernement raciste mais un pouvoir belliciste

À l’issue d’un second tour marqué par une participation électorale massive, ce dimanche soir, c’est le scénario qu’aucun commentateur (journaliste et politique) n’envisageait qui s’est finalement imposé.

Par Khider Mesloub

À l’issue d’un second tour marqué par une participation électorale massive, ce dimanche soir, c’est le scénario qu’aucun commentateur (journaliste et politique) n’envisageait qui s’est finalement imposé.

Macron aura, non seulement désarçonné les Français par sa dissolution calculée de l’Assemblée nationale, mais déjoué tous les pronostics des pseudo analystes prédisant la victoire écrasante du Rassemblement national. 

Au final, comme je fus le seul à l’avoir prévu, la victoire du RN aura fait pschitt. La triomphale victoire du Rassemblement national (RN) s’est honteusement dégonflée comme un ballon de baudruche. Pire, au second tour des législatives, le RN a été relégué à la troisième position. 

Sur fond de la résurgence de la tripolarisation, le bloc de gauche arrive finalement en tête avec 182 sièges, juste devant la macronie qui aura décroché 168 sièges, reléguant l’extrême-droite, donnée pourtant victorieuse ces dernières semaines, en dernière position, obtenant 143 sièges. Certes, le Rassemblement national a obtenu un nombre record de députés. Mais ces députés vont servir uniquement à faire de la figuration. Pour sa part, la droite traditionnelle se maintient péniblement avec 60 députés.

Une chose est certaine, aucun de ces trois « blocs » n’est en mesure de former à lui seul un gouvernement faute d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Encore moins le bloc de la macronie.

Aussi, Macron se verrait-il contraint de former un gouvernement d’Union nationale fourre-tout, composé de ministres issus du NFR (socialistes, Lfistes light compatibles, écologistes), de la droite traditionnelle et de la macronie. Voire de la « société civile ». 

Crise économique et tensions militaires internationales obligent, et pression des marchés et tendances à la guerre en Europe aidant, ce nouveau gouvernement d’Union nationale revêtirait une dimension pugnace et belliqueuse. Ce sera un gouvernement de combat, placé sous l’égide du Conseil de défense, celui-là même qui avait gouverné la France lors la pandémie politiquement instrumentalisée par Macron pour amorcer la militarisation de la production et de la société. 

En tant que chef d’État d’un pays impérialiste, Macron est conscient que l’époque s’achemine vers la multiplication de conflits militaires de « haute intensité ». Pire : vers une troisième guerre mondiale. 

Par conséquent, actuellement, en France comme dans la majorité des pays (Israël et Russie), c’est la guerre qui dicte le tempo. C’est la guerre qui impose son programme politique meurtrier, son agenda économique militariste, son système de pensée chauviniste et caporaliste.

Au final, Emmanuel Macron, meilleur président depuis Charles de Gaule, par la dissolution de l’Assemblée nationale, aura ingénieusement suscité, par l’agitation du « péril fasciste », un sursaut national électoral qui lui aura offert un Parlement croupion composée de députés disposés à former un gouvernement d’Union nationale. 

Un Parlement docile et soumis, acquis au programme de guerre. Prêt à soutenir l’agenda de la guerre sociale sur le front intérieur et de la guerre militaire sur le front extérieur. 

Pour conclure. Contrairement à ce que suggère le titre de mon article, les Français, en particulier d’origine étrangère et de confession musulmane, vont devoir subir non seulement un gouvernement belliciste mais également une « société civile » raciste (13 millions de Français ont voté pour le parti d’extrême-droite RN). 

Certes le « barrage démocratique » aura permis de bloquer, pour des raisons géopolitiques et non morales ou humanitaires, l’accès au pouvoir du Rassemblement national, mais sûrement pas son idéologie raciste, déjà amplement prégnante et régnante au sein de la République française, de la société civile, instillée par les partis « de gouvernement », les « démocrates », les rédactions, les plateaux télé.

Pour les Français d’origine étrangère et les immigrés, c’est la double peine (affliction). Ils devront affronter le choléra du gouvernement et la peste de la société civile. 

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