La situation humanitaire au Soudan continue de se détériorer dangereusement. La directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a averti lundi 14 septembre 2026 que le système humanitaire dans le pays pourrait s’effondrer dans les prochaines semaines si de nouveaux financements ne sont pas mobilisés d’urgence. Une alerte qui intervient alors que le conflit se poursuit, que des millions de personnes restent déplacées et que les fortes pluies aggravent les conditions de vie des populations vulnérables.
 
« Sans financement urgent, nous pourrions ne plus être en mesure d’acheminer l’aide vers les zones qui en ont le plus besoin », a averti Amy Pope, mettant en évidence les conséquences directes du manque de ressources sur les opérations humanitaires. L’OIM estime que les capacités logistiques nécessaires pour transporter et distribuer les produits essentiels sont désormais soumises à une pression croissante, alors que les besoins continuent d’augmenter.
 
Selon les dernières données de l’organisation onusienne, quelque 8,6 millions de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du Soudan. Près de 70 % d’entre elles vivent auprès de familles d’accueil ou dans des sites d’hébergement informels, une situation qui accentue également la pression exercée sur les communautés locales déjà fragilisées par plus de trois années de conflit.
 
L’OIM tire notamment la sonnette d’alarme sur l’épuisement imminent de ses stocks. Les réserves d’abris, de fournitures d’assainissement et de produits essentiels destinés aux ménages pourraient être épuisées d’ici à la fin du mois de septembre, si aucun financement supplémentaire n’est obtenu rapidement. Une telle situation réduirait considérablement la capacité des organisations humanitaires à répondre aux besoins des populations déplacées et des communautés qui les accueillent.
 
Au cœur de cette inquiétude figure le « Common Humanitarian Pipeline », un mécanisme logistique qui permet aux organisations humanitaires d’acheminer différents produits d’urgence vers les zones affectées. L’OIM estime avoir besoin d’au moins 15 millions de dollars afin de maintenir ce dispositif opérationnel au cours de la prochaine année. Ce financement permettrait de poursuivre une assistance en faveur d’environ 305 000 personnes.
 
L’organisation estime toutefois qu’un financement porté à 42 millions de dollars permettrait d’élargir considérablement la réponse et d’atteindre près d’un million de personnes. Pour l’OIM, ces ressources sont indispensables afin d’éviter une rupture dans l’acheminement des biens essentiels au moment où les besoins humanitaires atteignent des niveaux particulièrement élevés.
 
Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte humanitaire déjà extrêmement préoccupant. Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) a provoqué des déplacements massifs, détruit une partie importante des infrastructures et fortement perturbé l’accès aux services essentiels. La crise alimentaire s’est également aggravée, faisant du Soudan l’un des principaux foyers de crise humanitaire dans le monde.
 
À cette situation s’ajoutent les conséquences des intempéries. Les fortes précipitations et les inondations compliquent davantage les déplacements des populations et l’acheminement de l’aide, tout en exposant les personnes vivant dans des sites précaires à de nouveaux risques sanitaires et matériels.
 
Pour les agences des Nations unies, l’enjeu est désormais d’éviter que la diminution des financements ne transforme une crise humanitaire déjà dramatique en catastrophe encore plus importante. Alors que des millions de Soudanais dépendent de l’aide extérieure pour accéder à un abri, à des produits essentiels et à des services de base, l’appel de l’OIM intervient comme un avertissement sur l’urgence de mobiliser de nouvelles ressources.
 
Après plus de trois années de guerre, la population civile continue ainsi de payer le prix le plus lourd du conflit. Et tandis que les besoins humanitaires augmentent, les moyens disponibles pour y répondre diminuent, faisant craindre aux Nations unies une nouvelle aggravation d’une crise qui ne cesse de s’étendre.
 
Rédaction Algérie 54